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Ce qu’il faut retenir des programmes économiques de Juppé et Fillon

Alain Juppé et François Fillon seront départagés par le second tour de la primaire à droite.

Alain Juppé et François Fillon seront départagés par le second tour de la primaire à droite. - Joel Saget - AFP

S’ils appartiennent à la même famille politique, les deux finalistes de la primaire de la droite et du centre proposent des mesures parfois bien différentes en matière d’économie. Le point à quelques heures du verdict des urnes.

Alors que l’on saura bientôt qui d’Alain Juppé ou de François Fillon sera investi pour la course à l’Élysée, les deux hommes sont toujours engagés dans une bataille d’idées, notamment sur le plan économique. Voici les principaux points de leurs programmes économiques respectifs.

> 35 heures

Si les deux candidats souhaitent l’abandon du dispositif au profit de la négociation d’entreprise, Alain Juppé prévoit un retour aux 39 heures au bout de deux ans, à défaut d’accord. Tandis que François Fillon souhaite supprimer la durée légale hebdomadaire, dans la limite des 48 heures fixée par l’Union européenne.

> Fiscalité des particuliers

Les deux concurrents proposent de nombreuses mesures similaires, telles que le relèvement du plafond du quotient familial ou la suppression de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Ils prévoient tous deux d’augmenter la TVA, mais dans des proportions différentes: François Fillon propose un relèvement de deux points des taux normal et intermédiaire (actuellement de 20% et 10%), quand Alain Juppé souhaite une hausse d’un point du taux normal.

> Fiscalité des entreprises

Si l’on se fie aux deux programmes, les entreprises devraient voir leurs impôts baisser drastiquement en cas d’accession du candidat de droite à l’Élysée. Avec notamment une diminution du taux de l’impôt sur les sociétés (IS), actuellement de 33%: François Fillon veut le porter à 25% pour toutes les entreprises, tandis qu’Alain Juppé souhaite un IS à 30% pour les ETI et les grandes entreprises, et à 22% pour les autres.

En outre, François Fillon propose un allègement global des charges patronales de 40 milliards d’euros, concernant tous les niveaux de salaires. Alain Juppé, lui, vise une baisse de charges d’un peu moins de 30 milliards d’euros.

> Déficit public

Alors que Bruxelles réclame depuis de nombreuses années un déficit inférieur à 3% du PIB, ce ne devrait pas encore être pour l’an prochain. François Fillon prévoit même une explosion de ce même déficit, à 4,7% en 2017 (même si son équipe semble faire machine arrière sur ce point), puis 4,5% en 2018, pour atteindre l’équilibre en 2022. Alain Juppé, lui, ne prévoit que 3,5% en 2017, et également 0% en 2022.

> Réduction de la dépense publique

Les deux candidats se montrent particulièrement ambitieux dans ce domaine. François Fillon ambitionne de baisser les dépenses publiques de 110 milliards d’euros, quand Alain Juppé prévoit "seulement" 80 milliards de réduction.

> Fonctionnaires

Alain Juppé prévoit de supprimer environ 250.000 postes, contre 500.000 pour François Fillon. Ce dernier espère augmenter dans le même temps leur temps de travail à 39 heures (sans pour autant les rémunérer au prorata), de même qu’Alain Juppé (qui compte lui passer aux 39 heures payées 39).

> Retraites

Les deux finalistes de la primaire veulent repousser l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Mais aussi aligner le régime public sur celui du privé. Le tout sans toucher au montant des pensions. 

> Indemnités chômage

Les deux candidats souhaitent instaurer une dose de dégressivité dans le versement des allocations chômage. Mais sur ce point, Alain Juppé se montre bien plus précis que son concurrent. Le maire de Bordeaux propose une baisse de 25% au bout d’un an, puis de nouveau de 25% six mois plus tard. Il prévoit également un temps pour négocier avec les partenaires sociaux. François Fillon, lui, se contente de proposer des allocations "fortement dégressives", au bout de six mois.