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Ce grand économiste allemand voit l'Italie quitter la zone euro

Clemens Fuest dirige l'Ifo

Clemens Fuest dirige l'Ifo - Institut der deutschen Wirtschaft - Wikimedia Commons - CC

Clemens Fuest, président de l'IFO, un important institut économique outre-Rhin, affirme dans une interview au Tagesspiegel que les Italiens risquent un jour de revenir à la lire. La Grèce, le Portugal et l'Espagne seraient alors tentés de suivre son exemple.

Il fait partie des économistes dont la voix pèse, outre-Rhin. Clemens Fuest est le président de l'Ifo, un institut économique allemand connu pour publier un indicateur très suivi en Allemagne: l'ifo-Geschäftsklimaindex, qui évalue chaque mois le climat des affaires. L'Ifo publie également des prévisions de croissance et évalue les politiques publiques.

Et, en ce début d'année, Clemens Fuest livre une vision pour le moins pessimiste de l'Europe dans une interview accordée au quotidien allemand Tagesspiegel. S'il considère qu'à court terme la zone euro ne risque pas de se "désagréger", il affirme que "l'évolution de la situation en Italie est préoccupante".

Un "grand choc"

"Un nouveau gouvernement arrive et on ne sait pas combien de temps il va rester en fonction. Et les Italiens ne peuvent rester dans la zone euro en jouant la carte de l'immobilisme. [Leur] niveau de vie est le même qu'en 2000. Si les choses ne changent pas, un jour viendra où les Italiens diront: 'nous ne voulons plus de cette zone euro'", développe l'économiste.

Et ce jour-là, prévient Clemens Fuest, un "grand choc" surviendra, avec le risque que "d'autres pays suivent". Et de citer le cas de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne.

Clemens Fuest estime par ailleurs que si les parlementaires allemands venaient à donner son feu vert à une aide financière à l'Italie, ils feraient alors peser sur les contribuables allemands "des risques dont il ignorerait l'ampleur et les conséquences". 

J.M.