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Carlos Ghosn : « La flexibilité fait peur aux gens, mais… »

Carlos Ghosn

Carlos Ghosn - -

A deux jours de l’ouverture du salon de l’auto, le patron de Renault Nissan Carlos Ghosn était l’invité ce jeudi de RMC et BFMTV. Il a défendu le modèle allemand sur la compétitivité et appelé le gouvernement à autoriser plus de flexibilité.

Invité sur RMC et BFMTV ce jeudi matin, le patron de Renault Nissan Carlos Ghosn a été interrogé sur la question de la compétitivité, qui doit « faire l’objet d’une concertation », selon lui. « Nous-mêmes, nous avons engagé des concertations en interne, explique le chef d’entreprise. Tant que nous n’aurons pas apporté de réponses, il y aura des hésitations sur les investissements en France ». Carlos Ghosn milite donc pour une plus grande flexibilité, qu’il faut plutôt voir d’un œil positif selon lui : « La flexibilité fait peur parce que les gens ne savent pas ce qu’il y a dedans ».Il a aussi appelé à baisser les charges. « Les charges qui pèsent sur le travail doivent être diminuée. Ramenons le taux à des pays comparables, je pense à l’Allemagne »
« Tout le monde est préoccupé par la situation, a-t-il reconnu. Elle existe au niveau des entreprises, des salariés, des partenaires sociaux, et on ne traitera la compétitivité que par un consensus. L’Allemagne a gagné en compétitivité parce qu’il y a eu un effort national, sans taper sur le niveau de vie. Nous sommes capables de trouver un accord, de dire ce dont nous avons besoin ».

« Nous allons continuer à investir en France »

Autant de mesures nécessaires, selon Carlos Ghosn, pour faire face à la crise actuelle. « 13% de baisse du marché français sur l’année 2012 », résume-t-il, en voulant rester optimiste : « C’est une crise, en Europe, ce n’est que l’Europe, heureusement. Le marché mondial continue à progresser de 5%, il y a des poches de croissance dans le monde, on arrive à compenser. Si quelqu’un est capable de dire comment va évoluer le marché européen sur les 3 ans… est-ce une bourrasque de courte durée, avec peut-être un nouveau départ de la croissance, ou est-ce que les conséquences ne seront plus managable parce que nous entrons dans un tunnel ? », s’interroge-t-il. « Un constructeur ne peut pas maintenir un outil de production sans vendre », a-t-il tout de même reconnu. L’ajustement de l’outil de production dépend de l’avenir, tout dépend de ce que nous voyons venir. Pour l’instant, rien n’est prévu sur les ajustements de capacités ». En clair, aucun plan social n’est prévu pour le moment. Mais rien n’est à écarter.
Concernant l’implication du gouvernement dans le suivi des dossiers automobiles, le chef d’entreprise a trouvé « normal que le gouvernement se préoccupe d’emploi et d’investissement. Nous investissons déjà en France, nous allons continuer ».

La Rédaction