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Bug informatique: l'AP-HP a perdu 80 millions d'euros de factures

Sur les 138,5 millions de factures envolées, au total, une partie était "juridiquement éteinte" selon l'hebdomadaire. Mais l'autre partie, soit 80 millions d'euros, a "réellement disparu".

Sur les 138,5 millions de factures envolées, au total, une partie était "juridiquement éteinte" selon l'hebdomadaire. Mais l'autre partie, soit 80 millions d'euros, a "réellement disparu". - MARTIN BUREAU / AFP

La perte serait due à un changement de logiciel, en 2011. Le nouveau système aurait perdu "l'ensemble des informations nécessaires pour facturer et relancer les patients qui n'avaient pas encore payé".

Selon un rapport confidentiel de la chambre régionale des comptes, rendu public par le Canard enchaîné ce mercredi 5 octobre, les 39 hôpitaux que compte l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont perdu 80 millions d'euros de factures impayées. 

Le rapport, qui se penche sur la gestion de l'AP-HP entre 2010 et 2014, estime que la perte serait due à un changement de logiciel de gestion financière, en 2011. Le nouveau logiciel aurait perdu "l'ensemble des informations nécessaires pour facturer et relancer les patients qui n'avaient pas encore payé".

Une "perte réelle et définitive"

Sur les 138,5 millions de factures envolées, au total, une partie était "juridiquement éteinte" selon l'hebdomadaire. Mais l'autre partie, soit 80 millions d'euros, a "réellement disparu" et "peut être considérée comme une perte réelle et définitive par l'établissement", selon l'institution. 

Contactés par l'AFP, les hôpitaux de Paris reconnaissent cette perte mais expliquent que ce montant avait été "inscrit de manière transparente dans les comptes 2014 adoptés par le Conseil de surveillance en 2015". 

300.000 euros par an pour la directrice générale

Le rapport se penche également sur la rémunération de l'ancienne dirigeante de l'établissement public de santé, Mireille Faugère, nommée par Nicolas Sarkozy. Afin de "maintenir sa rémunération antérieure", le salaire de cette ancienne de la SNCF aujourd'hui conseillère à la Cour des comptes aurait atteint "300.000 euros bruts par an, contre 200.000 pour son prédécesseur". "Un traitement différencié" qui "n'était pas fondé sur une base réglementaire", souligne la chambre, citée par l'hebdomadaire. Lors de son départ, Mireille Faugère a, en outre, touché une prime de 125.000 euros brut.

Claire Rodineau avec AFP