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Budget : les 3% font débat

Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac ont présenté le budget 2013

Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac ont présenté le budget 2013 - -

30 milliards d'impôts et d'économies à imposer aux Français pour ramener le déficit à 3% du PIB. Et ainsi limiter le gouffre financier que représentent les intérêts de la dette. Cet objectif est-il vraiment tenable ?

Le mensuel Alternatives Economiques, marqué à gauche, a lancé dès jeudi une pétition demandant au gouvernement de "repousser le retour à 3% de déficit public" au-delà de 2013 pour "tenir compte de la conjoncture" et éviter de "plonger l'économie française dans la récession". Le débat agite aussi la classe politique.

>> les chiffres clés du budget 2013

C'est Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, lui-même qui a jeté le pavé dans la marre. A ses yeux, l'objectif de ramener le déficit à 3% l'année prochaine, est tout simplement "intenable". "Une règle mathématique ne doit pas être confondue avec les objectifs".

L'incertitude existe, portée par le contexte international et notamment la croissance au niveau européen. Si la croissance n'est pas là l'année prochaine, tous les pays auront du mal à remplir leurs objectifs. Le Front de Gauche craint de son côté que cette réduction du déficit aient des effets contre-productifs.

"Aucune raison de changer l'approche budgétaire"

André Chassaigne, président du groupe Front de gauche à l’Assemblée, estime que "les mesures d'austérité que ça va entrainer vont nous faire entrer dans la voie de la récession et d'une récession durable. Je ne pense pas que ça permettra de redresser la situation de notre pays et de l'Europe".

La droite, elle, soutient l'objectif de réduction des déficits. Tout en exprimant de sérieux doutes. "Il est tenable si on a un gouvernement qui est responsable. Or aujourd'hui l'attitude du gouvernement ne l'est absolument pas en matière de dépense publique" juge Christian Jacob de l’UMP.

Devant cette situation, certains souhaitent un assouplissement au plan européen. La Commission, elle, a tranchée : "aucune raison de changer l'approche budgétaire en ce qui concerne la France".

Adrien Gindre