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Budget 2019 : une fois de plus, le déficit flirte avec les 3% du PIB

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- - FRANCOIS GUILLOT / AFP

L’examen du budget 2019 a débuté ce lundi dans l’hémicycle. Les députés se penchent sur le volet recettes du texte. Plus de 2 000 amendements ont été déposés. En parallèle, la France, comme tous les états membres, envoient leurs documents à Bruxelles... Cette fois encore, la France frise la ligne rouge.

Une fois de plus, la France envoie à Bruxelles un budget calibré de sorte que le déficit reste juste en dessous des 3% du PIB. Il acte des mesures en faveur des ménages et des entreprises, qui ont un coût pour l’Etat, mais les économies, elles, ne sont pas au rendez-vous… Côté ménages, il y a les mesures en faveur du pouvoir d’achat, comme la suppression d’un tiers de la taxe d’habitation et l’exonération de cotisation des heures supplémentaires. Le débat politique se polarise d’ailleurs autour de cette thématique, l’opposition reprochant à la majorité d’oublier les classes moyennes.

L’alourdissement de la fiscalité écologique, l’augmentation des prix du tabac, de l’alcool, les hausses surprises des taux de la taxe d’habitation décidées par certains maires ou de la taxe foncière, sont autant de signaux repris par la gauche et Les Républicains, qui en font leur principal angle d’attaque.

Impact budgétaire de la bascule du CICE en baisse de charges

Ce budget prend aussi en compte les entreprises. Il traduit une promesse très coûteuse : la bascule du CICE en baisse de charge pérenne. Bercy assure à la Commission européenne qu'il s'agit d'un « one shot », d'un coût exceptionnel, qui ne se reproduira plus. Sans cette bascule, le déficit de la France aurait été bien inférieur, à 1.9% du PIB au lieu des 2.8% inscrits en 2019. L’impact sur les finances publiques est donc considérable, mais c’est le prix à payer pour que les entreprises ne soient plus dépendantes d’un crédit d’impôt qui, par définition, n’est pas garanti sur le long terme.

Dans ce budget, les entreprises bénéficient aussi d’une nouvelle baisse d’impôt sur les sociétés, et de la suppression d’une vingtaine de petites taxes. Plus contraignant : Bercy a aussi prévu d’alourdir la fiscalité énergétique, et ne s’attaque pas à la baisse des impôts de production. .

Point noir du budget : la baisse de la dépense publique

Mais pour le Medef, le point noir de ce budget reste la dépense publique. Sur ce point, pas de révolution en marche. Si, rapporté au PIB, elle baisse sensiblement de 54.6% à 54%, la dépense publique va quand même augmenter en volume de 25 milliards d’euros en 2019. La réduction de la masse salariale est censée être une des principales économie, mais alors alors qu’Emmanuel Macron s’est engagé à supprimer 50 000 postes de fonctionnaires d’État d’ici 2022, il y a eu seulement 1 600 postes en moins inscrits l'an dernier et ce nouveau budget 2019 prévoit de n'en supprimer que 4 164… Bref, les efforts sont reportés à plus tard… sur la fin du quinquennat.

Dans un contexte de croissance moins forte que prévu, le gouvernement veut éviter à tout prix des mesures qui auraient un effet récessif. Et il doit prendre en compte aussi les engagements européens, alors que pour la première fois depuis neuf ans, la France vient de sortir de la procédure de déficit excessif. D’où ce budget 2019, dosé de manière à flirter avec cette règle des 3%...

Mais à Bercy, on s'attend à une certaine souplesse de la part de Bruxelles. Paris espère que la Commission européenne retiendra surtout la vague de reformes engagées depuis un an et demi, entre droit du travail, réforme de la SNCF et réforme des retraites.