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Budget 2015: premier test pour le gouvernement

L'Assemblée est appelée à se prononcer sur le volet recettes du Budget 2015.

L'Assemblée est appelée à se prononcer sur le volet recettes du Budget 2015. - Pierre Andrieu - AFP

Les députés votent ce mardi le volet recettes du Budget 2015. Un premier vote très symbolique pour juger le degré de fragilité d’une majorité divisée.

Le vote du volet recettes du Budget 2015, mardi 21 octobre, aura valeur de test pour l’exécutif. Si les députés ont approuvé lundi soir les derniers points chauds du projet de loi de finances - notamment une réduction de 1,1 milliard d'euros des ressources fiscales de plusieurs agences de l'Etat – la majorité peine à se montrer unie. D'autant que la quarantaine de députés frondeurs ont fait savoir qu'ils se dirigeaient vers une abstention collective.

Preuve de la nervosité ambiante, le gouvernement, après avoir été mis en minorité sur un amendement secondaire, a fait reporter pendant 40 minutes le vote sur l'ensemble des amendements restant à discuter, pour attendre d'avoir assez de socialistes "légitimistes" dans l'hémicycle.

Le gouvernement lâche du lest

Pendant tout l'examen du volet recettes, des ténors du groupe socialiste se sont ainsi relayés dans l'hémicycle pour battre le rappel des troupes, tant il est vrai que chaque voix compte.

Pour éviter de jouer avec le feu et de se rapprocher trop dangereusement d'un vote négatif, le gouvernement a dû manœuvrer dans la dernière ligne droite. Il a d'abord lâché du lest sur sa réforme territoriale afin de s'assurer du vote des députés du Parti Radical de Gauche. La semaine dernière, il a accepté de toucher aux allocations familiales, pour donner des gages à de nombreux députés socialistes.

Ces concessions de dernière minute reflètent bien la fébrilité du moment. A ce stade, on devrait se diriger vers le même résultat qu'au dernier vote de confiance le 16 septembre dernier, pronostique un des ténors de la majorité. Manuel Valls avait alors obtenu 269 voix pour, et 244 voix contre. Pas de quoi se glorifier. Jusqu'à aujourd'hui, la majorité n'a jamais validé massivement la politique économique du gouvernement.

Mathieu Jolivet avec AFP