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Budget 2014 : une lecture critique

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Le conseil des ministres a arrêté hier le budget pour 2014. On a beaucoup parlé des impôts mais l’événement devait marquer la première baisse historique de la dépense. Or le budget passe 373 milliards d'euros en 2013 à 380 milliards en 2014.

Pour afficher un tel résultat, le gouvernement a isolé les dépenses dites des « projets d’avenir » dont une partie est l’héritage du « grand emprunt » de Sarkozy. Il y a une continuité dans la frénésie de dépenses au nom de la préparation de l’avenir. Ensuite, il compare son budget à ce qu’il aurait été si les dépenses avaient continué à augmenter au rythme moyen des années précédents. En fait, il n’y a pas de remise en cause fondamentales des dépenses publiques. Certes, au gré des documents budgétaires, on voit s’ajouter les petites économies : 7 millions pour les préfectures, 20 millions pour les services de Matignon - le Premier ministre donne l’exemple! Mais cela reste d’une certaine façon anecdotique.

Comment s'attaquer au problème ?

Au point où nous en sommes il faudrait raisonner en « commission de la hache ». En Europe du Sud, on a baissé les salaires des fonctionnaires de 10%. Dans un contexte de chômage, demander un effort à ceux qui ont la garantie de l’emploi n’est pas aberrant. Et puis, il faudrait se demander si certaines missions relèvent bien de l’Etat. Dans beaucoup de pays, l’enseignement supérieur est privé. Dans beaucoup de pays, les niveaux administratifs sont moins nombreux- on parle avec gourmandise du « millefeuille » administratif mais on en reste là.

Est-ce qu'il y a urgence ?

Oui, car deux postes vont augmenter mécaniquement : la charge des retraites des fonctionnaires et la charge de la dette. Le gouvernement paie les conséquences des recrutements excessifs des années 70. Et il paie l’endettement de façon d’autant plus lourde que les taux remontent. Une hausse d’un point de taux mobilise 2,8 milliards d'euros. Si nous nous retrouvons avec des taux du niveau de l’Italie aujourd’hui, c’est l’équivalent du budget du Quai d’Orsay qu’il faudra trouver pour faire face…

Jean-Marc Daniel