BFM Business

Bruxelles s'en prend à son tour aux exportations allemandes

Si le niveau des exportations allemandes suit les prévisions de Bruxelles, elle feront peser un déséquilibre macro-économique à traiter sur la zone euro.

Si le niveau des exportations allemandes suit les prévisions de Bruxelles, elle feront peser un déséquilibre macro-économique à traiter sur la zone euro. - -

Dans ses prévisions économiques d'automne parues ce mardi 5 novembre, la Commission européenne estime que le niveau des exportations allemandes va provoquer un déséquilibre macro-économique à traiter.

Après le Trésor américain le 30 octobre, la Commission européenne! Bruxelles souligne à son tour, ce 5 novembre, les problèmes que posent les excédents courants allemands.

Selon ses prévisions économiques d'automne, publiées ce mardi, ils devraient atteindre 7 % du PIB cette année, refluer ensuite, mais rester au-dessus du seuil des 6 %. Or, au regard des critères de la Commission européenne, trois années de suite à ce régime correspond à un déséquilibre macro-économique à traiter. Une procédure européenne peut être ouverte.

Le nécessaire doit être fait par l'Allemagne pour qu'elle débloque sa demande intérieure, a ainsi réclamé le Commissaire européen aux affaires économiques.

Des Allemands qui "ruinent leurs voisins"

Quelques heures auparavant, dans une chronique au vitriol, c'est le prix Nobel d'économie américain Paul Krugman qui a dépeint des Allemands "déprimants", qui "ruinent leurs voisins et ainsi le monde", par une politique de grands excédents commerciaux.

La semaine dernière, le ministère allemand des Finances a assuré que les salaires sont en croissance "robuste", ce qui est censé se constater dans la demande. Mais les milieux d'affaires allemands, eux, continuent d'estimer que ce mouvement doit être maitrisé.

Un industriel proche de la chancelière Angela Merkel explique même la nécessite d'engager, dans son pays, un nouveau train de réformes de compétitivité, comme celui impulse en 2003.

Certains en Allemagne s'appuient même sur une étude de l'institut de conjoncture IFO pour mettre en garde le prochain gouvernement contre l'instauration d'un salaire minimum à 8,50 euros de l'heure. Un dispositif qui entrainerait, selon eux, la disparition d'1 million d'emplois. A cet égard, peu leur importe alors les critiques venues de Bruxelles ou de Washington.

Benaouda Abdeddaïm