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Bruxelles ne sait plus quoi faire de ses tonnes de lait en poudre

VIDÉO - La Commission européenne cherche à se défaire de ses centaines de milliers de tonnes de lait en poudre stockées depuis 2015 pour soutenir les cours après la fin des quotas laitiers. Un véritable casse-tête.

Que faire des centaines de milliers de sacs de lait écrémé en poudre qui s'entassent dans d'immenses hangars en Europe? La Commission européenne les stocke depuis trois ans pour soutenir un secteur laitier qui n'a toujours pas digéré la fin des quotas.

Afin d'éviter que les cours ne s'écroulent davantage, Bruxelles a racheté depuis 2015 quelque 378.000 tonnes de lait en poudre, qu'elle a conservées depuis. En tout, il y en a pour près de 650 millions d'euros.

Jusqu'ici, ces rachats se faisaient de manière automatique, tous les 1er mars, dès lors que le cours du lait écrémé en poudre restait en-deçà de 1700 euros la tonne (il se situe aux environs de 1300 aujourd'hui).

Fin des rachats automatiques

Pour 2018, les ministres de l'agriculture réunis à Bruxelles ce lundi ont décidé de geler ce mécanisme. La Commission se réserve toutefois le droit de décider "au cas par cas quelles quantités acheter et à quel niveau de prix".

Mais aucune décision n'a été prise concernant les stocks dont elle cherche à se débarrasser. Et l'affaire tourne au casse-tête, parce que si elle remet ce lait en poudre sur le marché, elle est sûre de tirer les prix vers le bas.

Les producteurs de lait font ainsi pression pour trouver une autre solution. Ils proposent d'utiliser ces stocks pour l'aide alimentaire ou l'alimentation animale par exemple. Un moyen de ne pas trop perturber un marché encore fragile.

Actuellement, la tonne de poudre fraîche se négocie 20% moins cher que le prix payé par la Commission. Autant dire que, quelle que soit l'option choisie, Bruxelles s'en sortira forcément perdante.

Hélène Cornet, édité par N.G.