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Bruxelles félicite la France et tacle le Royaume-Uni

Pour Bruxelles, le Royaume-Uni n'a pas fait les efforts nécessaires.

Pour Bruxelles, le Royaume-Uni n'a pas fait les efforts nécessaires. - Georges Gobet - AFP

La Commission européenne a salué les efforts de la France pour réduire son déficit. Le Royaume-Uni, lui, n'a pas agi assez efficacement.

Une fois n'est pas coutume, la Commission européenne a adressé mercredi 13 mai un satisfecit à la France pour ses efforts afin de réduire son déficit.

"Je salue les autorités françaises pour leur engagement à se réformer (...) et pour les mesures prises afin d'assurer la viabilité des finances publiques et ramener le déficit sous 3% d'ici 2017", a affirmé le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis en présentant les recommandations économiques de Bruxelles aux 28 pays européens.

Toutefois, il est essentiel que le gouvernement français maintienne l'élan et profite de l'amélioration des conditions économiques pour poursuivre l'agenda de réformes", a insisté le commissaire européen, citant notamment la poursuite de la réforme du marché du travail, et des efforts de simplification pour soutenir la compétitivité et l'amélioration du système fiscal.

La Commission a donné jusqu'au 10 juin à la France pour prendre des mesures suivies d'effet pour réduire son déficit et se prononcera définitivement à ce moment-là.

Déficit de 5,2%

Par ailleurs, la Commission européenne a tapé sur les doigts du Royaume-Uni. Selon elle, le pays n'a pas agi assez efficacement pour réduire son déficit public, qui atteint 5,2% sur l'exercice budgétaire 2014-2015.

La Commission propose d'accorder à Londres deux années supplémentaires, soit jusqu'à l'exercice 2016-2017, pour ramener son déficit public dans les clous européens, sous la barre des 3%.

La décision finale d'accorder ou non un délai revient au Conseil européen, qui représente les Etats. Dans le cas du Royaume-Uni, une telle décision ne peut cependant être suivie de sanctions, y compris sous forme de suspension de versement des fonds structurels européens, car le pays ne fait pas partie de la zone euro.

Un déficit excessif avait été constaté dès 2008 pour le Royaume-Uni, qui aurait dû corriger le tir au cours de l'exercice budgétaire 2009-2010. Au lieu de cela, le déficit public a atteint un pic à 10,9% au cours de cet exercice, relève la Commission.

Une nouvelle recommandation a été émise pour que le pays ramène son déficit dans les clous au cours de l'exercice 2014-2015, mais là encore, l'objectif n'a pas été atteint. Même en termes structurels (hors effet de la conjoncture), l'effort budgétaire fourni a été en-deçà de l'effort moyen demandé, souligne la Commission. Elle recommande désormais que le déficit britannique soit ramené à 4,1% en 2015-2016, puis 2,7% en 2016-2017.

D. L. avec AFP