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Bruno Le Maire au chevet des exploitants victimes de Xynthia

Sur le littoral atlantique entre La Rochelle et L'Aiguillon-sur-Mer. En visite en Vendée, le département le plus touché par la tempête qui a frappé la France ce week-end, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a évoqué un plan de financement pour l

Sur le littoral atlantique entre La Rochelle et L'Aiguillon-sur-Mer. En visite en Vendée, le département le plus touché par la tempête qui a frappé la France ce week-end, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a évoqué un plan de financement pour l - -

par Guillaume Frouin L'AIGUILLON-SUR-MER, Vendée - Le gouvernement français va débloquer plus de 26 millions d'euros en faveur des agriculteurs et...

par Guillaume Frouin

L'AIGUILLON-SUR-MER, Vendée (Reuters) - Le gouvernement français va débloquer plus de 26 millions d'euros en faveur des agriculteurs et ostréiculteurs affectés par la tempête Xynthia, dont le bilan officiel atteint 52 morts, a annoncé Bruno Le Maire.

En visite en Vendée, le département le plus touché par la tempête qui a frappé la France le week-end dernier, le ministre de l'Agriculture a assuré que l'Etat ne laisserait "aucune exploitation sur le bord du chemin".

Lors d'une réunion avec des ostréiculteurs et des agriculteurs à L'Aiguillon-sur-Mer, l'une des deux communes les plus durement frappées, il a annoncé cinq millions d'euros d'aides immédiates à la trésorerie en faveur des agriculteurs.

Le Fonds national de garantie des calamités agricoles (FNGCA) sera par ailleurs activé. Créé en 1964, ce fonds permet d'indemniser les dommages non assurables.

S'agissant des ostréiculteurs, Bruno Le Maire a promis un plan de 20 millions d'euros pour les aider à reconstituer leur matériel détruit par la tempête. Ils bénéficieront en outre de 1,5 million d'euros pour faire face aux besoins immédiats de trésorerie (intérêts d'emprunt, cotisations sociales...).

"Je reviendrai sur place d'ici quelques semaines pour m'assurer que ces mesures soient bien mises en place et efficaces", a déclaré le ministre.

Bruno Le Maire avait auparavant visité une exploitation agricole à Sainte-Radégonde-des-Noyers.

"Des terres entières recouvertes d'eau de mer sont désormais non exploitables. J'ai demandé aux préfets de faire une évaluation financière, département par département dans les jours à venir, exploitation par exploitation", avait-il dit à la presse.

Le ministre devait ensuite se rendre en Charente-Maritime voisine, sur l'Ile de Ré et à La Rochelle, pour une réunion avec des exploitants.

CULTURES MENACÉES

Le conseil régional des Pays de la Loire devait débloquer mercredi un "plan tempête" de 10 millions d'euros, lors d'une session extraordinaire prévue à 18h00.

Des emplois tremplins temporaires (six mois) seront notamment créés pour prendre le relais des bénévoles et assister les populations dans leurs démarches.

La région devrait également participer à hauteur de plusieurs millions d'euros au cofinancement du programme national de reconstruction des équipements (digues, cordon dunaire...).

Les prairies étant très sensibles à la salinité, la principale source d'alimentation des élevages en Poitou-Charentes et les Pays de La Loire pourrait être affectée par les inondations.

Selon l'Institut national de recherche agronomique (Inra), les céréales dans ces régions qui contribuent à un peu plus de 7% de la production nationale de blé tendre pourraient être touchées, même s'il est trop tôt pour faire des estimations.

Les surfaces côtières noyées sont celles qui obtiennent souvent les meilleurs rendements céréaliers dans les deux départements de la Charente-Maritime et de la Vendée.

Le maïs qui doit être semé dans quelques semaines est moins résistant au sel de mer, précise l'Inra.

La résistance au sel des plantes est variable. Le blé et l'orge font partie des céréales les plus tolérantes au sel, capables de supporter 7 à 9 grammes par litre mais l'eau de la mer en contient 4 à 5 fois plus.

"Tout va dépendre du temps d'immersion, du niveau de salinité du sol une fois la mer retirée et du lessivage qui pourra intervenir avec les pluies dans ces régions qui sont particulièrement pluvieuses", a dit à Reuters Nader Katerji, directeur de recherche à l'Inra.

Avec Valérie Parent à Paris, édité par Sophie Louet