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Brexit: pour Ayrault, chacun "doit accepter une Europe différenciée"

Le Royaume-Uni a "toujours eu une position particulière" pour Jean-Marc Ayrault

Le Royaume-Uni a "toujours eu une position particulière" pour Jean-Marc Ayrault - Stéphane de Sakutin - AFP

Le tout nouveau ministre des Affaires étrangères revient, dans une interview au JDD sur l'accord noué vendredi pour éviter une sortie de l'Union européenne par le Royaume-Uni. L'ancien Premier ministre reconnaît implicitement qu'une Europe à plusieurs vitesses est en train de se former.

Fraîchement de retour au gouvernement, cette fois au poste de ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault revient, dans une interview au Journal du Dimanche de ce 21 février, sur l'accord noué vendredi pour éviter le Brexit.

"Chacun doit accepter une Europe différenciée dans laquelle ceux qui veulent plus d'Europe pourront avancer et ceux qui ne veulent pas aller plus loin n'y feront pas obstacle", déclare-t-il au journal dominical.

"Le Royaume-Uni a toujours eu une position particulière au sein de l'Union européenne et certains Etats membres ont déjà décidé d'aller plus loin, dans le cadre de la zone euro ou de l'espace Schengen. L'accord avec les Britanniques ne fait qu'admettre qu'il y a une Europe différenciée. Ce qui compte, c'est que ceux qui veulent aller vers plus d'intégration ne soient pas entravés, car il faut faire mouvement et redonner à l'Union européenne toute son ambition", ajoute-t-il.

Les principes fondateurs restent

"Il ne s'agit pas de défaire ce qui a été fait ni d'empêcher ceux qui veulent aller plus loin. Le socle des principes et des valeurs fondatrices de l'Union demeure", précise-t-il.

Le Premier ministre britannique "David Cameron avait demandé à l'Europe qu'elle l'aide à gagner son référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne. C'est ce que nous avons fait hier, à Bruxelles, tout en prenant une décision aussi dans l'intérêt de tous les Européens", a encore assuré le chef de la diplomatie française.

Après un sommet marathon, les dirigeants européens sont parvenus à un accord vendredi soir sur les demandes de réformes du Premier ministre britannique pour tenter de maintenir son pays dans l'Union européenne, question qui doit désormais être soumise à référendum aux Britanniques le 23 juin.

"Il n'y aura pas de révision des traités, pas de veto du Royaume-Uni sur un renforcement de la zone euro, pas de remise en cause du principe de libre circulation", a-t-il déclaré. "Le Royaume-Uni a obtenu des réponses à ses préoccupations et j'espère, sur cette base, que les Britanniques choisiront de rester dans l'Union européenne. C'est dans l'intérêt du Royaume-Uni, c'est dans l'intérêt de l'Europe, c'est dans l'intérêt de la France", a ajouté Jean-Marc Ayrault.

J.M. avec AFP