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Brexit: le Luxembourg entend bien capter l'Autorité bancaire européenne

Le Luxembourg veut accueillir l'Autorité bancaire européenne.

Le Luxembourg veut accueillir l'Autorité bancaire européenne. - Alice DORE / AFP

Invoquant un article de 1965, le grand-duché revendique le transfert de l'Autorité bancaire européenne sur ses terres. Cette institution employant 162 personnes doit quitter Londres en raison du Brexit.

Brexit oblige, l'Autorité bancaire européenne (EBA), basée à Londres, va devoir déménager. Et le Luxembourg fait des pieds et des mains pour accueillir cette institution. Son Premier ministre, Xavier Bettel, a ainsi adressé une lettre au président de la Commission européenne, son compatriote Jean-Claude Juncker, et au président du Conseil (qui représente les États membres de l'UE) Donald Tusk, dans laquelle il "revendique l'installation" dans son pays de l'EBA, se basant sur un accord passé en 1965 entre les États membres.

"La revendication du Luxembourg d'accueillir l'EBA n'est rien de plus que la mise en oeuvre de cet accord qui est toujours valable aujourd'hui", a expliqué une porte-parole du Premier ministre. Cet accord de 1965 sur l'installation des institutions note que: "Les gouvernements des Etats membres sont disposés à installer ou à transférer à Luxembourg d'autres organismes et services communautaires, particulièrement dans le domaine financier".

Par le passé, seulement deux exceptions ont été faites à cet accord de 1965: lorsqu'il a été décidé d'installer le siège de la BCE à Francfort et celui de l'EBA à Londres. "Ces deux exceptions ont été faites en accord avec le Luxembourg et étaient considérés comme des dérogations exceptionnelles", a précisé la porte-parole.

Plusieurs villes en course

De nombreuses grandes villes européennes sont intéressées par l'EBA, ouvertement déclarées ou non, comme Dublin, Amsterdam, Vienne mais aussi des métropoles françaises, dont Paris, et allemandes. Il y a un peu plus d'une semaine, lors d'une réunion des ministres des Finances de l'UE à Bruxelles, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble s'était prononcé pour récupérer l'EBA à Francfort et la fusionner avec l'Autorité européenne de surveillance des assurances.

Dans un entretien fin mars à l'AFP, le directeur exécutif de l'EBA Adam Farkas avait déclaré avoir été contacté par de nombreuses villes, sans donner de noms. Leur intérêt est aussi "rassurant pour les employés", avait noté celui qui dirige l'EBA depuis sa création en 2011. L'organisation s'appuie sur quelque 170 personnes basées à Londres et originaires de 27 des 28 pays membres de l'UE, en premier lieu d'Italie et d'Allemagne.

P.L avec AFP