BFM Business

Brexit: la facture promet d'être très salée pour l'État britannique

Le Royaume-Uni va devoir emprunter 122 milliards de livres (143 milliards d'euros) de plus que prévu d'ici à 2021 a annoncé l'institut officiel OBR qui a abaissé ses prévisions de croissance après le Brexit.

Le Royaume-Uni voit la facture s'alourdir sérieusement à la suite du vote en faveur du Brexit. L'Office de responsabilité budgétaire (OBR), chargé de publier des prévisions de croissance, de recettes fiscales et d'endettement du gouvernement, a revu en nette hausse les nécessités d'emprunt de l'État britannique entre avril 2016 et mars 2021, correspondant à un déficit budgétaire cumulé augmenté de 122 milliards de livres (142 milliards d'euros). Le gouvernement abandonne de fait l'objectif d'équilibrer les comptes de l'État d'ici à 2020.

Dans le détail, l'OBR a distingué quelque 59 milliards de livres d'emprunts supplémentaires directement liés au Brexit sur cinq ans, dont pas moins de 16 milliards dus aux conséquences négatives d'une baisse de l'immigration. L'institut a ajouté à ces conséquences directes d'autres facteurs qui vont creuser le déficit, comme la décision du gouvernement d'apaiser quelque peu l'austérité pour faire face aux turbulences accompagnant le Brexit.

L'OBR prévoit au final que le déficit public atteindra 3,5% du PIB en 2016 et 2,8% en 2017, contre respectivement 3,1% et 2,1% dans ses précédentes prévisions rendues publiques en mars. Ces données évaluent ce déséquilibre des comptes de l'État à un niveau comparable à celui de la France (3,3% du PIB en 2016 et 2,9% en 2017, d'après les chiffres de la Commission européenne utilisés par l'OBR). La dette publique du Royaume-Uni devrait atteindre 89,2% du PIB cette année et 88,9% en 2017, a ajouté l'institut.

Le pays perdrait 2,4 points de croissance entre 2016 et 2021

L'OBR a jugé que le pays allait perdre 2,4 points de croissance sur la période 2016-2021 en raison du vote pour le Brexit. Les prévisions de l'institut partent du principe que le Royaume-Uni quittera l'Union européenne en avril 2019 et que la négociation de nouveaux accords commerciaux avec Bruxelles et d'autres pays ralentira le rythme du commerce extérieur britannique pendant dix ans.

Parmi les diverses raisons qui l'ont conduit à revoir à la baisse ses prévisions de croissance, l'OBR met en avant "l'incertitude" générée pour les entreprises qui va conduire un certain nombre d'entre elles à "retarder ou annuler" des investissements. L'institut a aussi souligné que la chute de la livre consécutive au résultat du référendum allait faire augmenter de 2% en moyenne les prix à la consommation pendant les deux ans à venir, ce qui va entraîner une stagnation du pouvoir d'achat des ménages et limiter la demande intérieure.

F.Bergé avec AFP