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BPI: Ségolène Royal entretient la polémique

Ségolène Royal a réaffirmé que la BPI n'avait pas vocation à faire du business, lundi 22 avril sur BFMTV.

Ségolène Royal a réaffirmé que la BPI n'avait pas vocation à faire du business, lundi 22 avril sur BFMTV. - -

La vice-présidente de la Banque publique d'investissement (BPI) a déclaré, lunsi 22 avril, que celle-ci n'avait pas vocation à faire "du business". Elle entretient ainsi le flou sur la doctrine d'intervention de la nouvelle structure.

La Banque publique d’investissement a-t-elle vocation à "faire du business"? Oui, pour son directeur général Nicolas Dufourcq. Non, pour sa vice-présidente Ségolène Royal.

La polémique entre les deux dirigeants de la toute nouvelle structure, destinée à financer les PME via le regroupement d’Oseo, de CDC Entreprises et du Fonds stratégique d’investissement, n’est toujours pas éteinte.

D’autant que l’ex-candidate à la présidentielle en a remis une couche, lundi 22 avril, à l’issue d’un conseil d’administration qui devait, justement, définir la doctrine d’intervention de la BPI. Celle-ci "doit faire de l’emploi, de la croissance, redonner confiance aux chefs d’entreprise. Elle n’est pas là pour faire du business ni du profit sur le dos des chefs d’entreprises", a-t-elle déclaré au micro de BFMTV.

Le projet de doctrine présenté au Parlement le 15 mai

Des déclarations qui interpellent, puisque le patron de bpifrance (son nom officiel) a, depuis sa nomination, tenu un discours ferme concernant les entreprises se trouvant face à des difficultés d’ordre structurel.

"Pour les entreprises en décroissance sur des marchés en déclin, il n'y a pas de solution", avait-il ainsi prévenu, en janvier dernier, ajoutant: "le coeur de mission de la BPI n'est pas celui de sauver un outil industriel obsolète, c'est de construire France 2030".

La situation de Petroplus, à propos de laquelle Nicolas Dufourcq s’était exprimé, affirmant que cela n’aurait pas représenté un "bon business" est symptomatique. Car Ségolène Royal, qui a alors fustigé le "dérapage" de Nicolas Dufourcq, a montré la dimension politique de la BPI.

Deux versions s’affrontent donc, concernant une doctrine d'intervention qui reste floue, mais qui devra pourtant être présentée au Parlement le 15 mai prochain.

>> Nicolas Dufourcq, le directeur général de la BPI, sera l'invité de l'émission Good morning business, mardi 23 avril à partir de 7h45

Le titre de l'encadré ici

|||La BPI présente son premier bilan trimestriel

Outre sa doctrine d'intervention, le premier bilan trimestriel de la Banque publique d'investissement était à l'ordre du jour du conseil d'administration, lundi 22 avril.

Côté financement, quatre nouveaux produits ont été créés depuis son lancement, dont le crédit d'impôt compétitivité emploi. Au total, 630 millions d'euros sont en cours de versement dont 430 millions liés uniquement au CICE. Cela démarre plutôt bien, donc, à en croire un porte-parole de la BPI.

Côté investissement, 74 dossiers ont été étudiés par le FSI. Pour l'instant, cinq ont été retenus, et sept ont été rétoqués. Les autres sont encore à l'étude.

Yann Duvert