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Blocages: et maintenant, les poubelles

À Ivry, le plus important centre de traitement de déchets d'Ile de France est bloqué depuis mardi.

À Ivry, le plus important centre de traitement de déchets d'Ile de France est bloqué depuis mardi. - Thomas Samson - AFP

"Comme l'avait annoncé la CGT dès le début de la semaine, le blocage du centre de traitement des déchets d'Ivry n'était qu'un préalable. Désormais, les quatre centres de la Syctom qui gèrent l'Île de France sont touchés. Et le mouvement se développe en province."

Ceux qui pensaient vivre un enfer avec le blocage des raffineries qui a créé des pénuries de carburants dans toute la France vont découvrir qu’ils ne sont pas au bout de leurs peines. Tout a commencé lundi en Île-de-France avec le blocage du centre de traitement des déchets d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) par des éboueurs et des égoutiers de la Ville de Paris. Depuis lundi, les autres sites gérés par la Syctom ont tour à tour été bloqués.

Le site d'Ivry, le plus important d’Ile de France, est l’un des quatre de la Syctom qui gère en plus de Paris plusieurs dizaines de communes de la banlieue parisienne. Ivry traite 700.000 tonnes par an. Chaque jour, 150 à 200 camions-bennes gèrent entre 1.500 et 2.000 tonnes de détritus provenant de 15 communes franciliennes du sud de Paris et d’une dizaine d’arrondissements de la capitale.

Deux autres unités de traitement se trouvent en Seine-Saint-Denis (Romainville et Saint-Ouen) et une est implantée à Issy-les-Moulineaux (Hauts de Seine). Ensemble, ces quatre centres gèrent plus de deux millions de tonnes de détritus chaque année, soit 175.000 tonnes par mois collectées dans 84 municipalités franciliennes, dont Paris.

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- © Syctom

Selon Patrick Furé, chef de cabinet du Syctom, ces blocages ne provoquent pas d’arrêt de la collecte des ordures. Il reconnaît que les ramassages "ont été ralentis à Paris", mais que "le traitement des ordures continue de s'opérer dans une dizaine d'incinérateurs plus petits de la région, ainsi que par enfouissement".

Ce responsable a toutefois fait part à l’AFP de ses inquiétudes sur l’activité de la compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), qui alimente Paris et dont certaines infrastructures seraient menacées par la crue. Selon lui, elles risquent aussi "de manquer d'alimentation faute d'énergie provenant des incinérateurs".

Les blocages se répandent dans le reste du pays

Les Franciliens vont-ils bientôt devoir vivre avec un amoncellement de poubelles sur les trottoirs comme Marseille l’a vécu en 2010 pendant des semaines? Dès mardi, BFM Business a demandé à la Mairie de Paris à plusieurs reprises si des mesures étaient prévues dans le cas où la situation ne s’améliorerait pas rapidement. Nous n'avons à ce jour obtenu aucun retour. La situation est délicate pour les équipes d’Anne Hidalgo qui sont débordées par la crue qui risque de toucher certains quartiers.

Les blocages des centres de traitement ne se limitent déjà plus à l’Île-de-France comme l’a promis mardi dernier la CGT au micro de RMC (filiale de NextRadio TV, comme BFM Business). "On les bloquera. On est déterminés. On ne peut pas laisser les cheminots et nos camarades des raffineries, des dépôts d'essence seuls dans l'action", affirmait Baptiste Talbot, secrétaire général de la Fédération CGT Services publics.

Promesse tenue depuis ce jeudi avec les blocages de la collecte et du traitement des ordures à Saint-Etienne (Loire) et dans ses environs, ainsi qu'à Toulouse (Haute-Garonne) où un dépôt de camions-bennes est à l'arrêt. Selon l’AFP, la CGT a également mis des blocages en place à Nantes et dans l'Ariège.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco