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BlackRock répond à la polémique sur son rôle supposé dans la réforme des retraites

BlackRock, Vanguard et State Street contrôlent à eux trois 25% des Bourses mondiales

BlackRock, Vanguard et State Street contrôlent à eux trois 25% des Bourses mondiales - AFP

Le premier gérant d'actifs de la planète se défend de s'immiscer dans la réforme des retraites française et rappelle qu'il n'est pas un fonds de pension.

Après avoir dans un premier temps botté en touche, refusant de commenter la polémique, BlackRock change son fusil d'épaule. Dans un communiqué diffusé jeudi, le géant américain de la gestion d'actifs répond qu'il n'a "en aucune manière" cherché à influencer la réforme du système de retraites, après avoir été ciblé par des responsables politiques, sur les réseaux sociaux, ou à l'occasion de manifestations.

Le plus grand gérant d'actifs au monde (avec pas moins de 6.840 milliards de dollars d'actifs sous gestion) s'est vu accusé de faire valoir auprès des décideurs le régime de retraite par capitalisation, au détriment du système français actuel par répartition.

"Depuis un peu plus d'un mois, votre gouvernement a autorisé le géant des fonds de pension, BlackRock, à collecter directement la retraite privée des Français", a par exemple déclaré le député d'Eure-et-Loire (LR) Olivier Marleix lors de questions au gouvernement, le 10 décembre. "Si votre réforme va à son terme, les affaires de BlackRock prendront donc un formidable essor en France". "L'ombre noire de BlackRock plane sur la réforme des retraites", assure aussi le compte Twitter de la CGT Tui France le 18 décembre, accompagnant le tweet d'une vidéo de corbeaux en papier floqués "BlackRock" planant au-dessus d'un cortège de manifestants.

BlackRock n'est pas un fonds de pension

Certaines accusations désignent en outre une photo prise en juillet par l'AFP présentant le président français Emmanuel Macron aux côtés du patron de BlackRock Larry Fink, lors d'un séminaire consacré à la lutte pour le climat, ainsi qu'une note publiée en juin.

"BlackRock n’est pas un fonds de pension et ne commercialise pas de plan d’épargne-retraite. Dans ce dernier cas, le rôle des gestionnaires d’actifs, tels que BlackRock, consiste à gérer des produits d’investissement pour le compte des professionnels de l’épargne-retraite. C’est à ces acteurs que revient le choix des produits à intégrer dans les plans d’épargne-retraite qu’ils proposent aux particuliers et aux entreprises", précise dans son communiqué le gérant. 

La répartition reste "le socle" du système français

"En aucune manière, nous n'avons cherché à exercer une influence sur la réforme du système de retraite par répartition en cours auprès des pouvoirs publics ou de tout autre acteur du secteur", se défend Blackrock, rappelant sa position sur les dispositifs de retraite en France. "Le système de retraite par répartition restera le socle de la retraite en France, comme notre analyse (la notre publiée en juin, NDLR) de la Loi Pacte le soulignait déjà", ajoute le gestionnaire d'actifs indépendant, implanté en France depuis plus de 13 ans. 

La loi Pacte a instauré de nouvelles règles pour promouvoir ce type de placement que constitue le plan épargne retraite. BlackRock affirme avoir "comme beaucoup d'autres professionnels du secteur, exprimé [son] point de vue sur ces mesures", notamment par une analyse de la loi Pacte après son vote définitif par le Parlement, "accessible à tous sur [son] site internet" et "adressée à tous les acteurs de la retraite des secteurs publics et privés".

La société "dialogue avec les organismes de réglementation et les pouvoirs publics", "dans le but d'expliquer [son] point de vue sur l'intérêt des investisseurs à long terme", poursuit le communiqué.

JLD avec AFP