BFM Business
Economie et Social

Banques et fintechs, le nouvel écosystème

-

- - -

Les banques et les fintechs doivent désormais apprendre à cohabiter.

Il y a dix ans, on annonçait volontiers la fin des banques. Avec la crise, celles-ci avaient une réputation exécrable et beaucoup étaient pressés de voir disparaître des mastodontes qu’on réputait incapables d’évoluer. Justement, quelques start-up innovantes et dynamiques, les fintechs, auraient tôt fait, pensait-on, de remplacer des banquiers retranchés dans leurs agences vides de clients.

Ce discours n’a pas totalement disparu. Surtout en France. Pourtant qu’est-il arrivé ? Quelles fintechs sont aujourd’hui les mieux valorisées ? Qu’elles sont celles qui ont su le plus attirer les investisseurs ?

-
- © -

Il s’agit surtout de plateformes de crédit et de paiements dont les premiers partenaires sont… des banques ; auxquelles elles ont ainsi comme ouvert de nouveaux marchés.

Mais, pour que la vision se précise, il faut élargir le palmarès :

-
- © -

A quelques exceptions près (notamment chinoises), il n’y a guère que dans le domaine des marchés financiers (courtage d’actions, trading social, robo-advisors) que des fintechs ont pu gagner un large public sans s’adosser à des partenariats bancaires. Ou alors, il s’agit de plateformes de prêts qui s’adressent à un public dont les banques ne veulent pas.

Toutefois, dans le second tableau, apparaissent également quelques licornes, comme Adyen ou Zuora qui, indépendamment d’elles, concurrencent les banques. Des fintechs qui ont su séduire, dans le cas d’Adyen, Facebook, Uber ou Netflix. En somme, qu’elles trouvent les banques comme partenaires ou les concurrencent face à de grands comptes, le principal enjeu, pour les fintechs, aura été BtoB avant tout. Cela n’avait guère été envisagé.

On attendait une révolution. Elle a eu lieu ! Mais pas comme on l’attendait. Non pas un grand remplacement des banques mais un nouvel écosystème, au sein duquel les banques trouvent des challengers souvent davantage partenaires que concurrents. En même temps qu’elles doivent désormais renoncer à maîtriser la relation client dans son ensemble (les plateformes de transferts internationaux comme Ebury ou Transferwise en fournissent de bons exemples).

Certaines l’ont compris bien avant les autres. En France, le Crédit Mutuel Arkéa sera ainsi le premier à revoir complètement sa stratégie autour d’un double mouvement d’investissement dans des fintechs et d’externalisation de ses métiers, avec le souci de maintenir ses compétences au meilleur niveau du marché.

Aujourd’hui, tous les établissements ont retenu une approche partenariale avec les fintechs - qu’illustre bien la plateforme OpenUp, que lance BNP Paribas, véritable place de marché interne de solutions innovantes externes. Cependant, pour les banques, appliquer une telle approche, mettre en marché des solutions nouvelles, n’est rien de simple. Tous les établissements n’y réussiront pas également. Et c’est un autre effet inattendu de l’émergence des fintechs : elles vont pousser les banques à se concurrencer bien plus vivement… entre elles !

Et les néo-banques ? Il n’en ira sans doute pas autrement. Mais c’est une autre histoire…

Guillaume ALMERAS