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Ayrault veut développer le commerce avec la Chine

Jean-Marc Ayrault sur un chantier en Chine le 8 décembre 2013.

Jean-Marc Ayrault sur un chantier en Chine le 8 décembre 2013. - -

Le Premier ministre est en Chine cette semaine. Un marché énorme dont la France, qui doit se montrer plus active, est quasiment absente.

Jean-Marc Ayrault a annoncé en Chine sa volonté de davantage commercer avec ce pays. La Chine est un marché porteur. Les potentialités sont énormes mais les entreprises françaises sont beaucoup moins présentes que leurs concurrentes allemandes. La France représente 1,3% des importations chinoises contre 5% pour l’Allemagne. Et notre déficit commercial vis-à-vis d’elle est de 25 milliards d’euros (il est de 18 milliards avec l’Allemagne).

Ayrault en Chine : est-ce une bonne chose pour notre économie ?

La Chine est un marché énorme. En automobile par exemple, c’est de loin le marché le plus porteur au niveau mondial: la Chine est en phase d’équipement alors que les pays occidentaux sont plutôt en phase de saturation. Le nombre d’autos par ménage est de 7% pour les Chinois, 60% pour les Européens et 80% pour les Américains. D’où l’annonce d’une implantation prochaine de Renault.

Or les Français sont encore absents de ce marché. La France ne représente que 1,3% des importations chinoises contre 5% pour l’Allemagne. Et notre déficit est important (25 milliards €).

Dans ce contexte, il faut se montrer actif. L’idée de passer par les autorités politiques est une idée assez française. Nous avons un ministère du commerce extérieur. Chaque visite d’Etat donne lieu à des déplacements nombreux de chefs d’entreprise.

Ce qui est déroutant, c’est que, alors que la Chine est un des rares pays où cela peut encore se comprendre, nous jouons mal de la carte politique. La visite de Jean-Marc Ayrault à Pékin correspond à une demande des Chinois de fêter avec une certaine solennité les 50 ans de la réouverture des relations diplomatiques entre la France et la Chine populaire. En France l’événement passe inaperçu. Et quand François Hollande s’est rendu en Chine, il n’est même pas resté 48 heures.

La Chine est pourtant désormais incontournable

Elle représente un quart de la population mondiale. Après les réformes de la fin des années 70, elle a été vécue comme un atelier, un lieu où l’on délocalisait sa production pour profiter d’une main d’œuvre bon marché. Depuis 5 ou 6 ans, les salaires augmentent très vite en Chine et les entreprises occidentales se sont aperçues que ce pays était aussi et de plus en plus un énorme marché avec des potentialités de consommation très prometteuses.

Néanmoins c’est un pays qui reste à part. Ce n’est pas une démocratie, si bien que les règles sont très contraignantes et surtout assez aléatoires. Et c’est un pays où les décisions restent très politiques.

Pour une entreprise, aller en Chine c’est prendre des risques mais c’est aussi la possibilité de rayonner dans une région en pleine croissance. Le futur géant économique est l’Indonésie et le Japon reste un marché considérable où la « french touch » même « made in China » a ses chances.

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Jean-Marc Daniel