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Aux Pays-Bas, les socialistes disent "non" à l’austérité

Emile Roemer, chef des socialistes néerlandais, refusera de payer une amende infligée par Bruxelles.

Emile Roemer, chef des socialistes néerlandais, refusera de payer une amende infligée par Bruxelles. - -

Le parti socialiste néerlandais a indiqué, dimanche 19 août, qu’il ne ramènerait pas le déficit à 3% du PIB d’ici 2013 s’il remporte les élections législatives. Ses dirigeants proposent, au contraire, un plan de relance de trois milliards d’euros.

L'axe de la rigueur des pays de l’Europe du Nord est-il en train de se fissurer? Pour la première fois, le parti socialiste néerlandais, favori des sondages, s’est dit opposé à une politique d'austérité. "Il est très important que nous ne nous mettions pas à économiser de manière insensée", a ainsi déclaré, dimanche 19 août, le leader du parti, Emile Roemer.

Ainsi, s'ils sont élus le 12 septembre prochain lors des élections législatives, ils ne ramèneront pas le déficit public sous les 3% en 2013. Emile Roemer observe, en effet, que le pays s’enfonce dans la récession et que le chômage néerlandais est au plus haut depuis quinze ans.

Pour lui, il faut donc arrêter de se focaliser sur la réduction du déficit public dans des délais très courts. Le parti socialiste néerlandais compte ainsi repousser le délai, pour réduire le déficit public à 3%, à 2015 au lieu de 2013.

Trois milliards d'euros de plus pour relancer la croissance

Surtout, Emile Roemer estime que la solution passe par un plan de relance qui gonflera les dépenses publiques. Concrètement, le parti socialiste néerlandais propose d’investir trois milliards d’euros supplémentaires en 2013, notamment dans le secteur de la construction.

Problème: la Commission européenne risque de sanctionner ces futures décisions. Mais le chef du parti socialiste a déjà fait savoir qu’il ne paierait pas une possible amende infligée par Bruxelles. A moins d’un mois des élections législatives aux Pays-Bas, l'offensive des socialistes prend une résonance particulière. Les discussions autour de la réduction des déficits avaient déjà poussé l’ancien Premier ministre, Mark Rutte, à quitter son poste en avril dernier.

Alexis Pluyette et BFMbusiness.com