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Aubry s'invite dans le débat sur le travail du dimanche

Martine Aubry estime que "des dizaines de milliers d'emplois" seront détruits en cas de passage à 12 dimanches travaillés par an.

Martine Aubry estime que "des dizaines de milliers d'emplois" seront détruits en cas de passage à 12 dimanches travaillés par an. - Philippe Huguen - AFP

Alors que le projet de loi Macron sera présenté en Conseil des ministres, mercredi 10 décembre, la maire de Lille a fustigé l’une des ses principales dispositions. Et a fait part de son intention de "combattre le passage" à 12 dimanches travaillés par an.

C’est ce qui s’appelle avoir le sens du timing. Quelques heures seulement avant la présentation du projet de loi sur la croissance et l’activité (dite "loi Macron"), Martine Aubry est sortie de son silence. Pour ce qui ressemble à une attaque en règle contre l’un des piliers du texte, à savoir le travail dominical.

Dans une tribune parue sur le site du Monde, intitulée "Ne réduisons pas l’existence à la consommation", la maire de Lille fustige ainsi le projet consistant à permettre les magasins d’ouvrir 12 dimanches par an, contre cinq actuellement. "Veut-on faire de la consommation – encore plus qu’aujourd’hui – l’alpha et l’oméga de notre société? La gauche n’a-t-elle désormais à proposer comme organisation de la vie que la promenade du dimanche au centre commercial et l’accumulation de biens de grande consommation?", écrit l’ancienne patronne du PS.

"Des dizaines de milliers d'emplois seront détruits"

"Les arguments économiques de ceux qui sont favorables à une plus grande libéralisation du travail le dimanche ne résistent pas à l'analyse", poursuit-elle. "Le commerce est affaire de revenu disponible. Celui-ci étant limité, l’élargissement des jours d’ouverture procédera à une simple réaffectation des achats dans la semaine".

En outre, l’ancienne ministre du Travail prend la défense des petits commerçants qui, selon elle, "seront nombreux à ne pas résister face à l’ouverture le dimanche. Des dizaines de milliers d’emplois seront détruits, sans compter la dégradation des conditions de vie pour ceux qui survivront".

"Je combattrai cette régression"

Hormis les zones touristiques internationales, qui "méritent une approche particulière car elles peuvent apporter du pouvoir d'achat supplémentaire et donc créer des emplois", l'édile se dit ainsi "fermement opposée au passage de 5 à 12 dimanches ouverts par an". Et prévient : "je combattrai cette régression pour notre société au niveau national, comme dans ma ville".

Le projet de loi Macron, qui provoque déjà quelques grincements de dents dans les rangs du PS, a donc trouvé en Martine Aubry une nouvelle opposante. Et pas sûr que le délicat exercice de persuasion des députés, effectué mardi par le ministre de l’Economie, suffise à obtenir une majorité nécessaire à l'adoption du texte.

Y.D.