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"Au-delà de l'affaire Belfort, il faut organiser la filière ferroviaire"

Christophe Sirugue était sur BFM Business.

Christophe Sirugue était sur BFM Business. - Sébastien Bozon - AFP

Christophe Sirugue, secrétaire d’État à l’Industrie, était l'invité de BFM Business ce mercredi 5 octobre. Il a expliqué la décision du gouvernement de sauver, via une multitude de commandes, le site de Belfort d'Alstom.

L'État a fait pleuvoir une pluie de commandes pour sauver le site de Belfort d'Alstom. Le 7 septembre, la direction du constructeur avait annoncé son intention de transférer d'ici à 2018 l'ingénierie et la production de son site de Belfort vers celui de Reichshoffen (Bas-Rhin), condamnant ainsi l'usine de Franche-Comté. Dans l'urgence, le gouvernement a donc déposé trois contrats mardi 4 octobre, d'une valeur cumulée d'au moins 720 millions d'euros. Un coup de pouce salé que les détracteurs du projet se sont empressés de dénoncer. Certains se sont notamment interrogés sur la place de Bombardier en France. "À l'évidence, ils ont une place", répond Christophe Sirugue, secrétaire d’État à l’Industrie, au micro de BFM Business.

"Au-delà de l'affaire Belfort, il faut organiser la filière ferroviaire", précise le secrétaire d'État. Et il va plus loin: "Il faut que nous nous organisions pour que la filière ferroviaire ait une réflexion et des engagements communs. Il y a un enjeu déterminant".

"L'État a un rôle d'aménagement du territoire"

Christophe Sirugue l'assure, dans ce dossier Belfort, le gouvernement "n'offre aucune protection". Il rappelle que si l'État pu proposer ces 15 commandes, c'est parce qu'Alstom et l'État sont liés par un accord cadre datant des années 2000. Ce type d'accord prévoit un nombre de commandes maximum, supérieur aux commandes effectivement passées. De sorte que si l'État (ou un autre acteur public le cas échéant) a besoin rapidement de nouvelles rames, il peut en commander directement à Alstom sans être contraint de passer un appel d'offres.

Un accord cadre qui n'explique pas pourquoi le gouvernement a commandé des rames TGV sur des lignes Intercités où les trains ne peuvent pas rouler à leur vitesse de pointe. Christophe Sirugue répond donc: "Nous allons développer la grande vitesse. Nous allons devoir acheter des rames TET qui seront remplacées par du TGV. Est-ce que nous n'avons pas intérêt de sauter la phase Intercités pour aller directement sur la rame TGV?". Tant pis donc si la ligne Montpellier-Perpignan n'a pas encore fait l'objet d'une déclaration d'utilité publique. Le secrétaire d'État précise simplement que "c'est l'anticipation que nous avons décidé. (...). L'État a un rôle d'aménagement du territoire".

Reste la question de la mobilité. Alors que le gouvernement veut promouvoir la mobilité sur le territoire, l'image qu'il renvoie en aidant ainsi à maintenir le site de Belfort est à l'inverse. "À Belfort, la moyenne d'âge est de près de 50 ans. La mobilité est plus difficile", déclare Christophe Sirugue.

D. L.