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Athènes acculée en Grèce et en Europe

Athènes a décidé de puiser dans les caisses de ses collectivités locales pour reverser les fonds à la Banque nationale grecque (photo) et payer avec les retraitres et les salaires des fonctionnaires.

Athènes a décidé de puiser dans les caisses de ses collectivités locales pour reverser les fonds à la Banque nationale grecque (photo) et payer avec les retraitres et les salaires des fonctionnaires. - Louisa-Gouliamaki-AFP

Aucun accord avec la Grèce n'est attendu ce vendredi en Lettonie. L'aide européenne pourrait se tarir en juin, et les alternatives trouvées par Athènes provoquent une levée de boucliers dans le pays.

L'aide à la Grèce au menu d'une nouvelle réunion entre ministre des Finances de la zone euro ce vendredi à Riga, en Lettonie. Aucun accord n'est attendu. Athènes s'y rend sans proposition de réforme supplémentaire, et les discussions sont totalement dans l'impasse. Les dirigeants européens cherchent en vain une solution pour en sortir, qui pourrait passer par l'élaboration d'un troisième plan d'aide.

Véritable casse-tête pour les dirigeants européens, les négociations butent depuis des mois sur le même problème: pas question pour le gouvernement grec de faire les réformes exigées, donc pas question pour les dirigeants européens de leur débloquer la dernière tranche du deuxième plan d'aide, soit 7 milliards d'euros.

A ce rythme-là, ce deuxième plan pourrait s'achever sans qu'aucune solution n'ait été trouvée. Il arrive à échéance en juin prochain. D'où l'idée qui commence à émerger au sein de la Commission européenne: faute d'accord sur un deuxième plan, pourquoi ne pas s'attaquer dès maintenant à un troisième plan.

Le but de la manœuvre est purement politique. Cette solution permettrait de repartir sur de nouvelles bases de discussion. Et de donner une bouffée d'air au gouvernement grec, alors qu'il suscite de plus en plus de contestation, y compris en Grèce.

Athènes s'est mis tout le monde à dos

Athènes a fini par se mettre tout le monde à dos, même ses propres collectivités locales. En cause: un décret publié cette semaine vient en effet de mettre le feu aux poudres. Il autorise l'Etat à récupérer l'argent de quelques 1.500 organismes publics pour le transférer à la Banque centrale de Grèce.

Une réquisition opérée tout simplement parce que les caisses de l'Etat sont vides et qu'il lui manquait 400 millions d'euros pour payer les retraites et les salaires de ses fonctionnaires a expliqué le ministre du Budget, Dimitris Mardas.

Ce dernier a bien tenté de calmer le jeu en promettant 2,5% d'intérêts sur les sommes empruntées. Pour autant, les maires et les présidents de régions ne décolèrent pas. Ils dénoncent une décision arbitraire, une mesure inconstitutionnelle. Certains menacent d'ailleurs de saisir le Conseil d'Etat. C'est dire si la situation financière et politique est de plus en plus tendue pour le gouvernement grec.

Caroline Morisseau