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Assurance-vie : une collecte nette inégalée depuis 6 ans

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Le marché français de l’assurance-vie a enregistré en avril une collecte nette de 3,4 milliards d'euros. Son meilleur résultat depuis plus de six ans.

Les chiffres que vient de publier la Fédération française de l'assurance (FFA) en attestent. Les sommes placées par les épargnants sur ce produit d’épargne très prisé que constitue l’assurance-vie ont atteint le mois dernier 12,9 milliards d'euros (9,5 milliards pour les retraits).

La différence entre les dépôts et les retraits donne ce que l’on appelle la collecte nette. Celle-ci a, en avril, atteint un montant de 3,4 milliards d’euros. Soit une somme qui se révèle bien plus élevée que celle enregistrée l’an passé à la même période (400 millions d'euros en avril 2018) et qui constitue, selon la FFA, le meilleur résultat mensuel de l'assurance vie depuis janvier 2013.

Entre janvier et fin avril 2019, les montants collectés par les sociétés d'assurance ont ainsi atteint, en cumulé, 50,4 milliards d'euros, contre 49,1 milliards d'euros sur la même période en 2018. Les versements sur les supports en unités de compte, techniquement plus rémunérateurs mais aussi plus risqués, ont représenté 11,7 milliards d'euros. Ce qui correspond à 23% des cotisations.

Côté épargnants, les sommes retirées sur la même période se sont élevées à 39,2 milliards d'euros, contre 44,5 milliards sur les quatre premiers mois de 2018. Au global, l’encours des contrats d'assurance vie a atteint 1 745 milliards d'euros fin avril. Soit une hausse de 2,5% sur un an.

Epargner plus pour gagner moins ?

De fait, ces bons chiffres attestent inéluctablement de cette inclinaison française qui consiste à épargner sur des produits qui comportent peu voire aucun risque. Le montant de la collecte nette a beau avoir dépassé les 3 milliards d’euros, les contrats d’assurance-vie essentiellement composés de fonds en euros n’ont rapporté que 1,8 % en 2018, avant prélèvements sociaux. Soit un rendement inférieur à l’inflation.

Sur ce point, le livret A ne fait guère mieux. Sa faible rémunération (0,75% net d’impôt) n’a pas non plus détourné les épargnants qui ont versé, selon les derniers chiffres de la Caisse des dépôts (CDC), 1,94 milliard d’euros sur leurs livrets en avril (10 milliards entre janvier et avril 2019).

Clairement, les Français ont tendance à de plus en plus laisser reposer leurs liquidités sur leur compte courant. Fin 2018, les dépôts ont atteint, selon la Banque de France, 422 milliards d’euros, contre 292 milliards d’euros fin 2014.

Résultat : le taux d’épargne des ménages français ne cesse d’augmenter à l’heure où, selon l’OFCE, le pouvoir d’achat tricolore reprend lui aussi quelques couleurs (+2% en 2019). Et si les Français épargnent autant depuis fin 2018, c’est aussi, estiment certains analystes, parce que la crise des « gilets jaunes » a généré un climat quelque peu anxiogène. Ce qui n’a pas manqué d’inquiéter les ménages. Lesquels restent également dubitatifs quand à une éventuelle amélioration de la situation du marché de l’emploi.

Enfin, la reprise de l’inflation serait, en partie, responsable de cette approche tricolore plus fourmi que cigale et qui, de l’avis des prévisionnistes, devrait se poursuivre dans les mois à venir.