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Ardèche : des salariés sacrifient des RTT pour sauver jusqu'à 400 emplois

Les syndicats de Plastic Omnium ont accepté de perdre des RTT afin de sauver des emplois.

Les syndicats de Plastic Omnium ont accepté de perdre des RTT afin de sauver des emplois. - -

Les 3 syndicats du site industriel de Plastic Omnium à Saint-Désirat en Ardèche viennent de signer un accord avec leur direction. Ils ont accepté plusieurs sacrifices dont la suppression de 3 de leurs RTT, pour sauver l'activité et jusqu'à 400 emplois.

C’est un accord qui a été enfanté dans la douleur, mais pour la bonne cause. Les syndicats du site industriel de Plastic Omnium à Saint-Désirat en Ardèche, ont accepté, pour sauver des centaines d’emplois, de perdre quelques acquis sociaux et de voir leurs salaires gelé. Les trois syndicats ont en effet accepté de se voir supprimer 3 de leur RTT sur les 17 qu’ils possèdent. Ils ont également vu leurs salaires gelé cette année. Leur prime de participation ne leur sera pas non plus versée jusqu’en 2015.
Mais ces sacrifices, ils ne les ont pas faits pour rien. Si 70% des salariés de Plastic Omnium ont voté pour cet accord, ils ont obtenu en contrepartie le maintien de l’activité industrielle que Plastic Omnium, fabricant de pièces plastiques pour le secteur automobile, menaçait de délocaliser en Allemagne afin d’être plus proche de ses clients. Les salariés ont aussi décroché 20 millions d'euros d'investissement et le maintien de 300 à 400 emplois.

« Ils nous ont mis le couteau sous la gorge »

« Ils nous ont mis le couteau sous la gorge, regrette Olivier Cardot délégué CFE-CGC, qui a signé cet accord avec la CGT, la CFDT et la direction. On n’a pas eu trop le choix finalement parce que si nous ne lâchions pas du lest, ils étaient prêts à partir. Certainement en Allemagne pour être au plus près du client. Si vous fermez un gros site comme Saint-Désirat ou même si vous supprimez la moitié des emplois, vous n’avez plus d’emplois dans le nord de l’Ardèche. C’est sûr que pour l’ensemble des organisations syndicales, négocier à la baisse des salaires et des avantages, ce n’est pas dans notre culture ni dans nos habitudes. Ce sont de gros efforts, mais il fallait sauver de l’emploi ».

« L’accord national signé par le Medef remet en cause le contrat individuel du travail »

La CGT a accepté de signer cet accord avec la direction (avec la CFDT et la CFE-CGC aussi). Pourtant la CGT a refusé d'adopter le plan compétitivité emploi le 11 janvier dernier au niveau national qui prévoit aussi plus de flexibilité chez les salariés. Pour Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT, chargé de l'industrie, ces deux accords ne sont pas les mêmes. « Il y a de vraies contreparties de part et d’autre qui sont aussi des garanties pour l’avenir du site et des emplois, assure-t-il. Il y a surtout la possibilité pour chaque salarié de dire : les clauses que vous avez signées ensemble ne me conviennent pas donc j’ai le droit de recourir au juge face à la remise en cause de mon contrat de travail. Demain, dans le cadre de ce qui a été signé par le Medef et d’autres organisations syndicales ce ne sera plus possible car l’accord national interprofessionnel remet en cause le contrat individuel du travail. C’est ça que nous dénonçons ».

Tugdual de Dieuleveult avec C. Andrieux