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Allemagne: retour sur les réformes Schröder

En 2003, l'ancien chancelier socialiste Gerhard Schröder avait lancé des réformes pour restructurer l'économie allemande. Dix ans plus tard, le bilan est mitigé.

En 2003, l'ancien chancelier socialiste Gerhard Schröder avait lancé des réformes pour restructurer l'économie allemande. Dix ans plus tard, le bilan est mitigé. - -

Il y a dix ans jour pour jour, le 14 mars 2003, l’ancien chancelier Gerhard Schröder mettait en place l’ "Agenda 2010". Depuis, l’Allemagne se veut un modèle de réussite économique. Retour sur les grandes réformes de l'emploi.

C’était il y a dix ans, le 14 mars 2003, Gerhard Schröder, à l'époque chancelier allemand, présentait devant le Bundestag son projet pour restructurer l’économie allemande et la rendre plus compétitive : l' "Agenda 2010".

Les réformes se sont succédé entre 2003 et 2005 malgré les protestations. Le projet, ambitieux et douloureux, a coûté sa réélection au chancelier Schröder. Mais le pays a mieux résisté à la crise que ses voisins européens.

Retour sur les cinq grandes réformes de l’emploi et leurs conséquences.

>> Le chômage et les réformes Hartz

La durée de versement des indemnités de chômage a été réduite à 12 mois, et 18 mois pour les plus de 55 ans, contre 32 mois auparavant. L’allocation de fin de droits a été supprimée. Les Allemands au chômage depuis plus d’un an touchent ensuite le revenu minimum baptisé "Hartz IV", sur une base de 382 euros par mois, contre 345 euros en 2005. Leur loyer et les frais de chauffage sont en plus pris en charge par l’Etat.

>> L'obligation d'accepter tout emploi pour les chômeurs

Les chômeurs doivent accepter tout travail qui leur est proposé par l’Agence allemande pour l’emploi. Parmi lesquels, on retrouve les "ein-euro jobs", des postes rémunérés un euro de l’heure. En cas de refus, l’aide sociale est réduite de 30% durant trois mois. Conséquence, le taux de chômage qui s’élevait à 11,3%, en 2003, n’atteignait que 7,4% en février 2013. Plus de trois millions de personnes sont actuellement sans-emploi, soit deux fois moins qu'en 2005.

>> Plus de temps partiel et d'intérim

Le nombre de secteurs concernés par le salaire minimum a progressé de 7,5%. Actuellement, 1,4 millions de travailleurs perçoit l’aide sociale "Hartz IV" comme revenu complémentaire, à cause de leur faible salaire. La hausse du nombre de temps partiel et d’intérims est en partie responsable de cette situation. En 2012, un nouvel emploi sur deux était à durée déterminée. Le nombre de travailleurs intérimaires est, lui, passé de 328.000 en 2003, à 908.000 en 2012.

>> "Ich-AG" et "mini-jobs"

La réforme de 2003 a également mis en place les "Ich-AG", un statut équivalent à celui d’auto-entrepreneur mais réservé aux chômeurs. Pour les très faibles revenus, moins de 450 euros par mois, le gouvernement allemand a développé des "mini-jobs". Ces emplois précaires sont, comme les "ein-euro jobs", exonérés de toute charge, et les salariés continuent de percevoir l’aide sociale. La proportion de travailleurs pauvres a augmenté de près de 20% entre 2006 et 2010.

>> Des retraites plus tardives

Alors qu’en 2003, l’âge moyen de départ à la retraite était de 62,9 ans, il atteignait, en 2011, 63,8 ans pour les hommes et 63,2 ans pour les femmes. Sur la même période, le niveau moyen des retraites a légèrement augmenté, de 733 euros à 743 euros par mois. Le taux de cotisation, lui, a été revu à la baisse, de 19,5% en 2003 à 18,9% pour l’année à venir.

Audrey Dufour