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2019 nouvelle année record pour les retraites: 328 milliards d'euros, 18 millions de bénéficiaires

Le nombre de retraités bénéficiant d'une pension ne cesse d'augmenter. Fin 2019, ils étaient 372.000 de plus qu'un an auparavant. Le montant moyen de leurs pensions est également en hausse, mais l'inflation a grignoté leur pouvoir d'achat.

327,9 milliards d’euros. C’est le total des pensions versés en 2019 aux retraités ayant cotisé en France. Comme le souligne la Drees, il s’agit du "premier poste de dépenses de la protection sociale". Et de loin. En 2019, cette somme représentait en effet 13,5 % du PIB du pays.

Si on prend en compte les bénéficiaires des pensions de réversion, cette manne a profité à 17,8 millions de personnes, soit 372 000 de plus qu’en 2018, qui, en moyenne, ont perçu 1532 euros nets par mois. Mais même si cette moyenne a continué à augmenter par rapport à 2018, le compte n’y est pas tout à fait.

Le montant moyen de la pension de droit direct brute des retraités résidant en France diminue de nouveau entre fin 2018 et fin 2019 en euros constants (-1,1 % après -1,0 %)" souligne la Drees avant d’apporter une double explication. "Cette évolution de la pension moyenne des retraités d’une année sur l’autre résulte de deux composantes: le renouvellement de la population de retraités et l’évolution des pensions des personnes déjà retraitées."

Ces dernières années, les pensions n’ont pas été systématiquement revalorisées en fonction de la hausse des prix. Le pouvoir d’achat des retraités a donc été rogné. Et cela ne date pas d’hier. Car les cotisations sociales auxquels sont assujetties les pensions ont, elles, été progressivement revues à la hausse.

Un retraité de 85 ans a vu sa pension nette rognée de 6,9% par rapport à 1995

La Drees souligne ainsi que sur un quart de siècle, le montant moyen net perçu par les retraités a significativement moins augmenté que le coût de la vie. Pour un ex-employé qui a pris sa retraite à 60 ans en 1995, la perte de pouvoir d’achat atteint 6,9%. La baisse est encore plus nette pour les ex-cadre : - 11,5%.

Cette baisse correspond à l’effort qui a été demandé aux retraités pour tenter de répondre au déséquilibre des caisses qui assure l’essentiel des revenus de la plupart des retraités. Un effort a également été demandé à ceux qui travaillent. Les réformes des retraites de 2009 et 2014 ont, en effet, aussi eu pour conséquence de retarder l’âge moyen du départ à la retraite.

Selon les dernières données de la Drees, l’âge moyen de départ est passé de 60 ans et demi en 2010 à 62 ans et 2 mois en 2019. Autrement dit, légèrement au-delà de l’âge légal à partir duquel on ne peut pas refuser à un salarié de prendre sa retraite. Sans surprise, de nombreux salariés préfèrent attendre plus longtemps avant de demander à bénéficier de leur retraite, afin de pouvoir toucher davantage.

La cour des comptes s'inquiète du déficit de la Sécu

Mais pour autant, même si les retraites augmentent moins vite que l’inflation et même si les salariés attendent plus longtemps avant de liquider leurs droits (comme on dit dans le jargon) ça ne suffit toujours pas à équilibrer le système. La Sécurité sociale est obligée de s’endetter pour combler son trou. Un vrai problème.

La Cour des comptes a d’ailleurs tiré mercredi le signal d’alarme. Du fait de la crise sanitaire, et notamment du recours massif au chômage partiel, les cotisations versées par ceux qui travaillent et par leur employeur ont été nettement moins élevées en 2020. Après le "quoi qu’il en coûte", sans doute faudra-t-il à nouveau trouver un moyen pour rééquilibrer le système sans en passer par l’endettement, réponse immédiate mais non pérenne.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco