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1,3 million : le coût de l'élection de deux députés de l'étranger

Les Français de l'étranger sont représentés par 11 députés

Les Français de l'étranger sont représentés par 11 députés - -

L'annulation par le Conseil constitutionnel de l'élection de deux députés PS représentant les Français de l'étranger va entraîner deux nouveaux scrutins. Leur organisation devrait coûter plus d'un million aux contribuables.

Près de 266 000 Français de l'étranger vont devoir voter à nouveau dans les trois mois qui viennent pour élire leur député. Le Conseil constitutionnel a en effet annulé la semaine dernière l'élection des élus représentant l'Amérique du Nord et l'Europe du Sud pour violation des règles sur le financement des campagnes électorales.

Une mauvaise nouvelle pour le PS qui risque fort dans l'affaire de perdre ces deux députés. En juin 2012, il avait décroché 8 des 11 sièges de députés représentant les électeurs inscrits hors de France. Mais une mauvaise nouvelle aussi pour le budget de l'Etat.

Selon les calculs de BFMBusiness.com basés sur les rapports budgétaires consacrés aux dépenses électorales, l'organisation de ces deux nouvelles élections devrait coûter la bagatelle de 1,29 million d'euros, soit 645 000 euros par député. Elevé lorsqu'on sait qu'en juin dernier, l'absention atteignait plus de 80% dans les deux circonscriptions concernées par un nouveau vote.

Le coût des élections hors de France est multiplié par deux

En 2012, l'élection des 11 députés des 650 000 Français inscrits hors de France avait coûté 7,1 millions d'euros. Au total, avec l'élection présidentielle de mai 2012, l'organisation des scrutins pour les Français de l'étranger était revenue à 16,6 millions d'euros, sur un total de 365 millions pour les deux élections dans toute la République. L'organisation des élections de 2012 a ainsi coûté 8,44 euros par électeur inscrit en France et 15,90 euros par électeur à l'étranger.

Le principal coût tient dans l'envoi du matériel électoral hors de France : 2,6 millions pour les législatives contre 1,7 million pour l'organisation du vote électronique. A ce propos, la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale doute " de ce que, en dépit de la diligence et de l’efficacité des services du ministère des Affaires étrangères et des prestataires auxquels ils ont pu avoir recours, l’ensemble des électeurs, quel que soit le pays dans lequel ils résident, aient effectivement reçu à temps les documents qui leur ont été adressés ».

Elle suggère donc "qu’une réflexion soit engagée sur l’opportunité de supprimer l’envoi par courrier aux électeurs résidant à l’étranger des professions de foi des candidats. »

Patrick Coquidé