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Désormais vendue, quel avenir pour l'usine Smart d'Hambach?

Le site de l’ancienne usine Smart, rachetée par le britannique Ineos au début du mois dernier.

Le site de l’ancienne usine Smart, rachetée par le britannique Ineos au début du mois dernier. - BFM TV

Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée chargée de l'Industrie, se rend ce jeudi après-midi sur le site de l’ancienne usine Smart, rachetée par le britannique Ineos au début du mois dernier.

Une nouvelle ère commence pour l'usine Smart d'Hambach en Moselle inaugurée en 1997, l'occasion pour Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée chargée de l'Industrie de se rendre sur place ce jeudi, le gouvernement ayant beaucoup oeuvré pour le maintien de l'activité sur le site.

Rappel des faits. Propriétaire des marques Mercedes et Smart, le constructeur automobile allemand Daimler a surpris début juillet 2020 en annonçant la vente du site mosellan qui fabrique la petite citadine électrique, en raison de difficultés financières liées à l'épidémie de coronavirus.

L'usine emploie 1500 salariés actuellement dont 700 sous-traitants. Le groupe de chimie britannique Ineos est alors le seul à proposer le rachat de l'usine afin de faire son entrée dans le secteur automobile et d'y fabriquer son futur 4X4 Grenadier à compter de 2022.

1300 emplois préservés jusqu'en 2024

Mais il faut alors négocier âprement avec la firme et le vendeur afin d'encadrer et d'améliorer les conditions de cette reprise notamment en termes de maintien de l'emploi.

Ineos et Daimler s'engagent alors à préserver 1300 emplois sur les 1500 que compte le site. "Cette usine de 1500 personnes devait fermer. Nous avons trouvé une solution pour préserver 1300 emplois", commentait alors Agnès Pannier-Runacher. La cession a été finalisée le 8 décembre dernier.

Comment seront préservés ces emplois alors qu'Ineos aura besoin de beaucoup moins de main d'oeuvre pour fabriquer son 4x4 baptisé Grenadier? Daimler s’est engagé à maintenir la production des Smart jusqu’en 2024 (au lieu de 2022), avant leur départ pour la Chine, et a confié de nouvelles pièces à Hambach pour ses modèles électriques.

Le 4X4 Grenadier sera produit par Ineos dès la fin 2021 à l'usine d'Hambach en Moselle.
Le 4X4 Grenadier sera produit par Ineos dès la fin 2021 à l'usine d'Hambach en Moselle. © iNEOS

Dans le même temps, les premiers modèles estampillés Ineos devraient être assemblés sur les lignes de l'usine à la fin 2021, pour un début des livraisons prévu en 2022. A terme, Ineos envisage de livrer 25.000 unités par an. Entre 2021 et 2024, il y aura donc du travail pour les 1300 personnes.

Et après?

La question est donc de savoir ce qui se passera après 2024. "La durée de continuité de l'emploi pour l'ensemble des salariés n'est assurée au mieux que jusqu'à avril 2024", s'alarmait en novembre dernier le comité social et économique (CSE) de l'usine.

La production de pièces pour Daimler n'occupera en effet plus que 65 postes. Celle du Grenadier concernera 700 emplois et sous réserve du succès des modèles fabriqués. 535 postes sont donc en suspens. D'autant plus que le succès du 4x4 interroge alors que la tendance est aux véhicules non-polluants, Ineos va proposer un véhicule thermique fortement émetteur de CO2.

Pour les syndicats de l'usine, ce type de voiture sera "de plus en plus difficile de vendre à partir de la deuxième moitié de cette décennie". "Oui, mais c'est un véhicule de franchissement à usage professionnel, ce n'est pas le 4x4 de confort que vous garez dans les beaux quartiers à Paris", tempère la ministre chargée de l'Industrie. Pas sûr que cela suffise à assurer un succès pérenne.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business