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Des salariés du groupe Onet réclament "une vraie prime Covid" à leur employeur

Le groupe français Onet spécialisé dans l'hygiène, l'accueil, la logistique, le recrutement ou encore la sécurité emploie 73.000 personnes sur 450 agences dans 8 pays - dont 44.500 dans sa branche "propreté" selon son site internet.

Le groupe français Onet spécialisé dans l'hygiène, l'accueil, la logistique, le recrutement ou encore la sécurité emploie 73.000 personnes sur 450 agences dans 8 pays - dont 44.500 dans sa branche "propreté" selon son site internet. - Guillaume Souvant

Des agents de propreté d'Onet, sous-traitant de l'hôpital de Valenciennes, et des agents de sécurité de la Banque de France, salariés d'une filiale du même groupe, font grève ou débrayent pour réclamer une prime Covid 'digne", récompensant leur travail durant le confinement.

Plusieurs dizaines d'agents de propreté d'Onet, sous-traitant de l'hôpital de Valenciennes, ont entamé ce jeudi leur sixième jour de grève pour réclamer une "prime Covid" de 1500 euros, "équivalente à celle des soignants", contre celle, "dérisoire", portée mercredi à 200 euros par la direction, a-t-on appris de sources concordantes.
Lors d'une réunion entre direction et syndicats la semaine dernière, "il a d'abord été proposé une prime de 150 euros brut pour ceux qui ont été au contact des patients Covid. Ça faisait 122 euros net pour des personnes en première ligne pendant toute la crise", a déploré le secrétaire général de la CGT du Nord, Jean-Paul Delescaut.

Sixième jour de grève pour les salariés du site de Valenciennes

Contre cette prime "dérisoire", les salariés du site de Valenciennes se sont donc mis en grève samedi. D'après la CGT, le site emploie 110 personnes, dont la moitié en CDI, et "la quasi-totalité des CDI font grève". Au début de l'épidémie, "l'entreprise a même demandé aux salariés -essentiellement des femmes- de faire le ménage en unité Covid sans masque FFP2 !", a regretté le réprésentant de la CGT, réclamant "a minima, la prime de 1000 euros accordée à certains salariés de la grande distribution".

"La direction a porté la prime à 200 euros... On est loin du compte"

Lors d'une nouvelle réunion à Paris mercredi, "la direction a porté la prime à 200 euros... On est loin du compte !", a estimé le délégué syndical central (CGT) Pierre-Jean Serrieres, précisant que la grève allait "se poursuivre" à Valenciennes, mais aussi Nantes et Montpellier. Contactée, la direction d'Onet a rappelé qu'elle avait proposé cette prime à "plus de 40.000 collaborateurs", soit tous ceux mobilisés "pendant la période de confinement", et ce "malgré les contraintes économiques fortes" liées à la crise sanitaire. "Dans les métiers des services, nous sommes le groupe qui a choisi de récompenser le plus grand nombre de collaborateurs", précise-t-elle.

Par aileurs, des personnels de sécurité de la Banque de France employés par la société Main Sécurité, filiale du groupe Onet, ont débrayé ce jeudi pour réclamer une prime Covid "digne" pour ceux qui ont travaillé pendant le confinement.

Une prime Covid proposée de 100 euros

Outre une prime "digne" récompensant ceux qui ont travaillé pendant le confinement, ils réclament le maintien du salaire à 100% en cas d'activité partielle ou arrêt de travail du fait du Covid-19, la reconnaissance de la maladie professionnelle pour ceux atteints et le maintien de la prime de fin d'année pour tous. "La prime Covid proposée par la direction est de 100 euros proratisée sur le temps de travail effectif pendant le confinement, un salarié qui a travaillé la moitié de la période et est tombé malade touchera 30 ou 40 euros", dénonce Samia Benkhelil, élue FO au CSE d'Onet Main Sécurité. Selon elle, la filiale d'Onet a eu "trois décès" de salariés touchés par le Covid-19. Sollicitée, la direction de la filiale n'avait pas donné suite en début d'après-midi.

F.B. avec AFP