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Des géants du tabac soupçonnés de contourner l'interdiction des cigarettes mentholées

La vente de cigarettes mentholées est interdite en France depuis le 20 mai

La vente de cigarettes mentholées est interdite en France depuis le 20 mai - DENIS CHARLET © 2019 AFP

Selon plusieurs cigarettiers, certains ne respecteraient pas l'interdiction de vente des cigarettes mentholées. La Direction générale de la santé a ouvert une enquête.

Des géants du tabac s'écharpent sur la question des cigarettes mentholées, interdites à la vente en France depuis le 20 mai. Le fabricant de Lucky Strike et Dunhill, British American Tobacco, accuse son concurrent Japan Tobacco International (Winston, Camel) de contourner la loi en proposant des cigarettes "fresh" qui contiendraient des résidus de menthol, relate Le Parisien ce vendredi.

La Direction générale de la santé (DGS) a lancé une enquête sur le sujet grâce à une procédure prévue par le Code de la santé publique, déclenchée pour la première fois.

Ce marché des mentholées était très lucratif: toujours selon Le Parisien, ces cigarettes représentaient 8% des ventes en France avant leur interdiction. Avec la hausse du prix du tabac qui pousse certains Français à se fournir à l'étranger ou à arrêter de fumer, les industriels ne se font pas de cadeaux.

Des résidus de menthol autorisés

Avec ces cigarettes "fresh" accusées de contenir du menthol. JTI rétorque être "en parfaite conformité avec la loi", assurant avoir communiqué aux autorités "toutes les informations relatives aux composants" de ses produits.

Mais comment est-ce possible alors que la vente des mentholées est interdite? Le directeur de British American Tobacco, Pascal Marbois, dénonce lui un "vide juridique" qui ouvre la voie à "une probable forme de concurrence déloyale": selon lui, la loi interdit les produits contenant un arôme "caractérisant", mais pas la présence de menthol en tant que tel.

Résultat, ces cigarettes qui contiendraient des résidus de menthol ont déjà conquis fin juin 2,2% de parts de marché, selon une étude de Grail Agency. Soit plus de 51 millions d'euros de chiffres d'affaires.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech