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Croissance: pourquoi il reste des motifs d’espoir pour 2017

L'an passé, la croissance française s'est établie à 1,1% selon l'Insee. Un chiffre décevant. Néanmoins, le dernier trimestre de 2016 donne quelques motifs d'espoir.

Il est des bonnes nouvelles qui ne sautent parfois clairement pas aux yeux. Ce mardi 31 décembre, l'Insee a livré sa première estimation de la croissance pour 2016, soit 1,1% sur l'ensemble de l'année. Moins que l'an passé (1,2%), moins que ce qu'anticipait le gouvernement (1,4%) et même moins que ce que l'Insee prévoyait il y a encore un mois (1,2%).

Ce chiffre est clairement une déception, surtout quand on sait que François Hollande espérait encore, en juillet, atteindre 1,7% pour financer plus aisément ses nouvelles baisses d'impôt.

Néanmoins, il est vrai que tout n'est pas noir dans les chiffres annoncés par l'Insee ce mardi. "Si 2016 a été marquée par une absence d'accélération de la croissance, l’année finit sur une bonne note avec le quatrième trimestre", souligne ainsi Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas.

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Une croissance "plus solide"

Sur le dernier trimestre de 2016, la croissance a augmenté de 0,4%, et tous les indicateurs (hormis les stocks), ont été dans le vert. "La composition de la croissance est robuste avec une consommation des ménages, des investissements et des exportations qui sont dynamiques. Le fait est que cette robustesse conforte l'idée que la croissance française a gagné un peu en solidité", détaille-t-elle.

"Ce dernier trimestre, qualitativement, est peut-être le meilleur qu'on ait eu depuis la crise de 2008, car il est parfaitement équilibré", affirme pour sa part l'éditorialiste de BFM Business, Emmanuel Lechypre.

Jusqu'à 1,5% de croissance?

Cette bonne fin d'année devrait d'ailleurs donner un peu d'élan pour 2017. "Ce chiffre du quatrième trimestre laisse augurer d'une croissance pour 2017 du même niveau qu'en 2015 et 2016. Il montre que l'économie française devrait parvenir à compenser un environnement moins favorable (remontée des taux d'intérêt, pétrole plus cher)", analyse Axelle Lacan du Coe-Rexecode, qui table sur 1,1% pour cette année.

Hélène Baudchon est un peu plus optimiste. "On passerait de 1,1 à 1,3% (pour 2017, ndlr), ce qui n'est, il est vrai, pas faramineux". "Si on ne va pas plus haut c'est essentiellement pour deux raisons: la consommation des ménages devrait être freinée dans sa progression par la remontée de l'inflation, et les exportations, elles, devraient pâtir du ralentissement attendu de la croissance au Royaume-Uni à cause du Brexit, ce qui limiterait aussi l'investissement des entreprises", développe-t-elle.

Stéphane Colliac, économiste pour l'assureur-crédit Euler Hermès se montre plus confiant: "Le dernier trimestre 2016 prouve que la tendance est positive, et laisse même augurer une croissance de 1,4% en 2017", considère-t-il. Pour lui le "ralentissement visible en surface ne reflète pas la dynamique actuelle de l'économie".

Faut-il dès lors penser que l'objectif du gouvernement (1,5%) peut être atteint cette année? "Ce chiffre reste dans le domaine du possible mais il faudrait pour cela que les éléments favorables se matérialisent davantage. Or avec les nombreuses incertitudes (élections, politique de Donald Trump, Brexit) cela paraît difficile", juge Hélène Baudchon. Axelle Lacan, elle, répond par la négative: "La croissance a atteint 1,2% en moyenne annuelle en 2015 puis 1,1% en 2016, alors même que les prix du pétrole étaient bas. La 'vigueur' intrinsèque de la croissance française reste faible".