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Croissance: 2017 s'annonce comme la meilleure année depuis six ans

La croissance française accélère fortement

La croissance française accélère fortement - Charly Triballeau - AFP

L'Insee a revu sa prévision à la hausse tablant sur 1,8% d'augmentation du PIB pour cette année contre 1,6% auparavant, soit le chiffre le plus élevé depuis l'éphémère rebond de 2010-2011.

Bruno Le Maire aurait-il vendu la mèche avant l'heure? Dimanche le ministre de l'Économie affirmait sur RTL "penser que nous ferons mieux" que la prévision de croissance pour cette année contenue dans le projet de loi de Finances pour 2018. Au lieu de 1,7%, le locataire de Bercy affirmait espérer atteindre 1,8% pour l'ensemble de 2017.

Heureuse coïncidence, c'est justement la nouvelle prévision que l'Insee vient de publier ce jeudi pour 2017. Un chiffre qui n'était censé être révélée que ce soir au grand public. Bruno Le Maire a-t-il ainsi grillé la politesse à l'Insee, comme l'avait déjà fait son prédécesseur à Bercy, Christian Eckert? Impossible à dire.

"Un rythme plus solide"

Qu'importe finalement, tant le tableau que dépeint l'Insee semble être réjouissant. Car le 1,8% anticipé par l'institut des statistiques serait tout simplement le meilleur niveau de croissance atteint par l'économie française depuis l'éphémère rebond de 2010-2011.

"Nous sommes sans doute sur un rythme plus solide car, 2011, finalement, était coincée entre deux crises: la crise financière de 2008-2009, et la crise des dettes souveraines. 2011 représentait alors un rattrapage par rapport au point très bas que nous avions connu en 2008-2009", souligne même Julien Pouget, chef du département de la Conjoncture.

Par rapport à sa précédente prévision, en juin, l'Insee a revu son estimation à la hausse de 0,2 point car aussi bien l'investissement des entreprises que des ménages se sont avérés plus forts que prévu.

La croissance française semble par ailleurs s'installer sur un bon rythme de croisière. Alors que du temps de François Hollande elle évoluait en dents de scie d'un trimestre à un autre, elle est désormais d'une impressionnante régularité. Après 0,5% au premier et au deuxième trimestre, l'Insee s'attend à voir le PIB progresser de 0,5% au troisième comme au quatrième trimestre. Il aurait ainsi évolué cinq trimestres de suite au rythme de 0,5%.

Voyants au vert

Dans le détail, tous les voyants, ou presque, sont dans le vert. L'investissement des entreprises, après avoir déjà augmenté de 3,4% l'an passé, accélérerait encore davantage (3,9%). La fin de la mesure de suramortissement du précédent gouvernement, en avril, dernier, n'a pas eu de grands effets négatifs. De plus, "les enquêtes de conjoncture font apparaître des tensions sur l'appareil productif français et par conséquent l'investissement des entreprises ne faiblirait pas d'ici la fin de l'année", souligne Julien Pouget.

Le commerce extérieur ne retirerait plus que 0,3 point de PIB à la croissance là où il l'avait amputée de 0,8 point l'an passé. Grâce notamment au redressement du tourisme (les dépenses touristiques sont en effet comptées comme une exportation de services dans le PIB), qui ferait gagner 0,2 point (contre -0,1 point l'an dernier). Un bémol néanmoins: "les ventes manufacturières accéléreraient moins que le commerce mondial ce qui signifie que les producteurs français perdraient des parts de marché", pointe Dorian Roucher, chef de la division synthèse conjoncturelle de l'Insee.

Baisse du chômage

Le pouvoir d'achat des ménages lui progresserait de 1,6% après 1,8% en 2016. Si les salaires devraient augmenter de façon nette (+2,1%), le retour de l'inflation réduirait ces gains et limiterait ainsi ces gains de pouvoir d'achat. Du coup la consommation des ménages tricolores, si elle resterait solide, serait moins forte que l'an passé (1,1% après 2,1%). Elle accuse aussi le contrecoup des évènements ponctuelles de l'an passé (ventes de billets pour l'euro 2018, achats de téléviseurs dus aux changements de normes de la TNT, dépenses de chauffages importantes dues à des températures froides).

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Les créations nettes d'emploi continueraient de progresser (195.000 postes) mais moins vite qu'en 2016 (267.000) alors que paradoxalement le secteur privé créerait presque autant d'emplois que l'an passé (208.000 contre 221.000). L'explication n'est pas à chercher bien loin: elle est due à la réduction du nombre d'emplois aidés au deuxième semestre.

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Malgré tout, les créations d'emplois continueraient d'être supérieures la hausse de la population active, ce qui permettra au chômage de reculer. Encore à 9,5% fin juin dernier, le taux national (DOM compris) s'établirait à 9,4% en décembre prochain. Pas une grosse baisse, mais il faut se rappeler qu'il était encore à 10% fin 2016…

Cette bonne conjoncture devrait également faciliter les choses pour l'an prochain, alors que le gouvernement espère que la croissance atteindra 1,7%.