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Covid-19: l'UE envisage de premières vaccinations "au premier trimestre 2021"

Après la fin des essais de phase 3, l'Agence européenne du médicament devra encore évaluer les résultats et donner - ou non - une autorisation de mise sur le marché (photo d'illustration)

Après la fin des essais de phase 3, l'Agence européenne du médicament devra encore évaluer les résultats et donner - ou non - une autorisation de mise sur le marché (photo d'illustration) - PASCAL POCHARD-CASABIANCA © 2019 AFP

L'annonce d'un vaccin à 90% efficace par l'américain Pfizer et l'allemand BioNTtech redonne l'espoir face à la pandémie.

Les premières vaccinations contre le Covid-19 dans l'Union européenne pourraient avoir lieu "au premier trimestre 2021", dans un scénario "optimiste", a affirmé mercredi la directrice de l'agence européenne en charge des épidémies lors d'un entretien à l'AFP où elle appelle toutefois à la prudence.

La situation sur le front de l'épidémie sur le Vieux continent est "très très inquiétante" et "tous nos indicateurs vont dans le mauvais sens", a par ailleurs affirmé Andrea Ammon, directrice du Centre européen de contrôle des maladies (ECDC), appelant les Européens à respecter scrupuleusement les restrictions en place, "aussi difficile que ce soit".

Dans la situation actuelle, "cela pourrait prendre plus de temps pour faire baisser le nombre de cas" que lors de la première vague de mars-avril, a prévenu la responsable sanitaire.

Quant au chemin vers de premières vaccinations européennes, il est encore long et incertain et "pourrait prendre quelques mois", a estimé Mme Ammon.

"En étant optimiste, premier trimestre de l'an prochain mais je ne peux pas être plus précise", a-t-elle affirmé.

Une source européenne avait indiqué mardi à l'AFP qu'une autorisation d'un vaccin dans l'UE pourrait avoir lieu "début 2021", après l'annonce d'un vaccin à 90% efficace par l'américain Pfizer et l'allemand BioNTtech qui a redonné l'espoir face à la pandémie. Les autorités américaines parlent elles de quelques "semaines".

L'annonce de Pfizer est "bien sûr prometteuse", s'est réjouie Mme Ammon. Toutefois, "c'est un communiqué de presse et pas une +peer review+ (revue scientifique par les pairs, ndlr) donc il faut voir quelle sera l'évaluation finale", a-t-elle souligné.

L'UE commande des doses

Après la fin des essais de phase 3, l'Agence européenne du médicament devra encore évaluer les résultats et donner - ou non - une autorisation de mise sur le marché. "Ensuite il faudra commencer la production et seulement à ce moment là, on pourra commencer à vacciner", a souligné la responsable épidémiologique.

La Commission européenne a annoncé mercredi avoir approuvé un contrat avec Pfizer et BioNTech, pour acheter jusqu'à 300 millions de doses de leur vaccin. Interrogée au même moment à Bruxelles, la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a également affiché sa prudence, même si "l'espoir est là".

"Même quand nous aurons un vaccin sûr et efficace, ce ne sera pas la panacée qui va faire disparaître le Covid-19 en une journée", a-t-elle prévenu.

En lien avec les autorités nationales, l'ECDC procède actuellement à l'élaboration des règles pour définir les groupes prioritaires pour y avoir accès.

"De façon générale, il s'agit des populations vulnérables et des personnels sanitaires. Mais nous essayons de définir ça mieux car ces groupes là sont encore assez nombreux", a expliqué Mme Ammon.

Selon le dernier pointage de l'ECDC, tous les pays de l'UE sauf la Finlande et l'Estonie, ainsi que le Royaume-Uni suscitent une "forte inquiétude" pour leur situation épidémique.

Tous les différents indicateurs de l'UE, à savoir le taux de tests positifs, le pourcentage de personnes âgées dans le nombre total de cas, le taux d'hospitalisation et la mortalité "sont en hausse" et "le pic n'est pas atteint", a pointé la patronne de l'ECDC.

PS avec AFP