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La 5G débute modestement en France

Bouygues Telecom évoque des usages encore anecdotiques sur son réseau. Mais la bascule pourrait se faire rapidement à mesure que le réseau se déploie.

Malgré une offensive publicitaire assez massive des opérateurs télécoms français autour du lancement de la 5G, les résultats ne sont pas encore au rendez-vous.

Interrogé lors de la présentation de ses résultats trimestriels, Bouygues Telecom le concède: "La 5G démarre assez doucement en termes d'usage. Les gens ne se lèvent pas le matin en se disant: tiens je veux avoir la 5G. Aujourd'hui, c'est moins de 1% du trafic sur notre réseau", indique son directeur général Olivier Roussat.

Ce constat n'est pas une surprise. La couverture 5G est encore très parcellaire (14.000 antennes sont aujourd'hui activées, contre 50.000 pour la 4G) et les consommateurs doivent changer de smartphone ce qui n'est pas une priorité en ces temps de crise et souscrire à un forfait plus onéreux.

Pas avant 2023

Surtout, le gain en termes d'usage est mal identifié. Peut-être parcequ'il n'existe pas encore de "killer app" autour de cette technologie même si les experts évoquent le potentiel de la réalité augmentée, virtuelle dans les jeux notamment.

Face aux sénateurs l'an passé, Olivier Roussat avait d'ailleurs déjà prévu ce démarrage poussif. "La vraie urgence c’est de mettre de la 4G partout", soulignait-il.

Et d'ajouter: "Que va apporter la 5G? Est-ce que ça change quelque chose pour lui au quotidien? Cédric O [le secrétaire d’Etat chargé du numérique, ndlr] a répondu dans une interview pour dire que ça ne va rien changer au quotidien du consommateur, parce qu’effectivement ça ne va rien changer. Ca va donner une vitesse un poil plus rapide".

Près d'un million de smartphones 5G vendus au 1er trimestre

"Ce n’est qu’à partir de 2023 [...] que l’arrivée d’une seconde vague d’équipements permettra d’envisager de nouveaux usages, notamment industriels, grâce à des débits plus élevés et à un faible taux de latence", explique-t-il.

En attendant, les opérateurs vont devoir continuer à investir dans ce réseau sans retour à court terme et alors que leurs revenus restent stables. Une équation qui risque d'être de plus en plus complexe surtout dans un contexte d'inflation et donc de risque de hausse des taux d'intérêt.

Côté smartphones 5G, les ventes semblent néanmoins décoller, portées notamment par le succès de l'iPhone d'12 d'Apple.

L'institut GfK nous indique que près d'un million de terminaux compatibles ont été vendus au 1er trimestre (contre 1,2 million sur toute l'année 2020) soit 800 millions d'euros de chiffre d'affaires hors subventions. Le prix moyen d'un smartphone 5G est de 850 euros contre 400 euros en moyenne.

Cela représente un tiers du marché total en volume, et la moitié du marché total en valeur.

Bref, la bascule pourrait donc se faire rapidement, à mesure que le réseau se déploie et si émergent des applications tirant parti du potentiel de la 5G. Free d'ailleurs, plus optimiste que Bouygues Télécom sur l'attrait de la nouvelle génération de réseau mobile, vient d'annoncer une accéllération de ses investissements dans les infrastructures 5G.

Olivier Chicheportiche et Simon Tenenbaum