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Rungis n'exclut plus de vendre directement aux particuliers

EXCLUSIF Le patron du plus grand marché de frais du monde, où seuls les commerçants et les restaurateurs ont le droit d'acheter, souhaite pouvoir offrir la possibilité à tous les consommateurs de venir faire des emplettes sur place. Un projet qui devrait aboutir quand le métro desservira Rungis.

Le marché international de Rungis pourrait s'ouvrir aux particuliers qui ne sont pas eux-mêmes commerçants. C'est en tout cas le souhait du PDG de la Semmaris, la société qui exploite Rungis. Stéphane Layani souhaite en effet capitaliser sur la force de la marque dont il a la charge. "Selon un sondage Soffres, 93% des Français connaissent Rungis, et pour 90% de la population, Rungis = qualité", souligne-t-il. Pourquoi pas, donc, leur donner un accès aux produits du plus grand marché de frais du monde, mais "de temps en temps, dans un contexte particulier", précise-t-il. Et surtout, pas tout de suite.

"Demain, peut-être que dans la cité de la gastronomie, qui va se construire en 2024, quand le métro arrivera, il y aura une halle aux trésors gastronomiques, où les particuliers pourront se régaler avec les produits de Rungis. Après la visite, ils pourront acheter du citron-caviar, du citrus digita, de la bergamote, comparer les différentes qualités de caviar. Se faire une petite folie et acheter une truffe française", annonce Stéphane Layani.

Rungis restera un marché de gros

Depuis sa naissance, après le déménagement des Halles de Paris vers la commune proche de l'aéroport d'Orly il y a un demi-siècle, Rungis est un marché de grossistes. Pour y acheter légumes, viandes, volailles et autres plantes en gros, il faut disposer d'un numéro Kbis, délivré par le greffe du tribunal de commerce du lieu où exerce les professionnels. Seuls les commerçants, les distributeurs, les restaurateurs, ainsi que des administrations ou des comités d'entreprises, peuvent ainsi y faire leurs emplettes.

Les particuliers eux, ont seulement le droit de visiter le marché -ils sont 22.000 chaque année à s'y rendre-, et manger dans l'un des vingt restaurants du marché dont la superficie dépasse celle de la principauté de Monaco. En revanche, ils ne peuvent rien acheter.

Mais cette exclusion pourrait donc être en partie levée. En revanche, aucune chance que Rungis permette aux particuliers de venir acheter comme le font les "pro" à court terme: Stéphane Layani martèle ainsi que "c'est un marché réservé aux professionnels, avec des produits pour les professionnels, des quantités pour les professionnels". Et il le restera, parce que le président de cette "institution" en est convaincu: "il faudra toujours des bouchers, des fromagers, des charcutiers, pour mettre en valeur les produits auprès des particuliers".

Nina Godart
https://twitter.com/ninagodart Nina Godart Journaliste BFM Éco