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Régime minceur: la justice condamne Comme j'aime pour sa "semaine gratuite"

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La société qui promeut le régime minceur a été condamnée par le tribunal de grande instance de Paris pour "pratique commerciale trompeuse." Elle imposait aux consommateurs de payer plusieurs semaines d'avance, tout en vantant une semaine gratuite dans ses publicités.

La notion de gratuité en matière de publicité commerciale est très encadrée par la réglementation. La société Comme j'aime, rendue célèbre par ses campagnes publicitaires massives vantant l'argument d'une semaine gratuite pour son régime minceur, l'a appris à ses dépens. Elle vient d'être condamnée par le tribunal de grande instance de Paris pour "pratique commerciale trompeuse" à propos de cet argument publicitaire vanté à l'envi dans ses spots diffusés à la télévision. 

"La première semaine ne peut être considérée comme gratuite au sens de l'article L 121-4 du code de la consommation puisque le consommateur doit payer à la souscription trois semaines de programme, outre les frais de port s'il ne souhaite pas le poursuivre tout en demandant le remboursement des sommes qu'il a initialement versées" a jugé le tribunal.

La société Comme j'aime devra supprimer, "dans l'ensemble de ses supports publicitaires (presse, télévision, Internet), y compris les témoignages, la mention d'une semaine gratuite" explique Le Parisien qui révèle l'affaire. La société a un mois pour s'y conformer sinon elle sera passible d'une astreinte de 500 euros par infraction constatée.

La justice avait été saisie par l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV) et l'audience a eu lieu le 18 septembre. La CLCV estimait que le consommateur ne bénéficiait pas d'une semaine gratuite puisqu'il devait régler d'avance plusieurs semaines de repas liés à ce programme minceur, ce en quoi le tribunal lui a donné raison.

Pour l'association de consommateurs, l'argumentaire commercial s'appuyait sur le principe "satisfait ou remboursé" mais ne pouvait vanter auprès de l'acheteur, le bénéfice d'une semaine gratuite.

La CLCV a été déboutée pour d'autres de ses requêtes

Interrogé par le quotidien francilien, le fondateur de Comme j'aime, Bernard Canetti, a relativisé la décision de justice qui lui est défavorable: "Personne ne nous empêche de faire une semaine gratuite. On nous demande juste de ne pas le décrire ainsi."

La CLCV a en revanche été notamment déboutée sur les demandes suivantes: cessation de la commercialisation des programmes Comme J'aime dans l'état actuel, interdiction des mentions assurant que la perte de poids est prouvée, interdiction des mentions faisant croire qu'il s'agit d'un programme à durée déterminée alors qu'il s'agit en réalité d'un engagement par tacite reconduction et obtention de différentes provisions atteignant presque trois millions d'euros.

Frédéric Bergé