BFM Eco

Pourquoi le mot "gratuit" va presque disparaître des magasins en novembre

-

- - Kiabi

La loi agriculture et alimentation qui pourrait entrer en application dans quelques semaines va interdire l'utilisation du mot "gratuit" pour les produits alimentaires.

"Deux pots de Nutella achetés, le troisième gratuit". D'ici quelques semaines, cette phrase sera illégale dans les supermarchés. La loi sur l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire votée en début de mois contient une disposition qui va interdire aux enseignes l'emploi du mot "gratuit" dans ses opérations promotionnelles. 

"Dans la promotion par les opérateurs de vente d’un produit alimentaire, le terme "gratuit" ne peut être utilisé comme outil marketing et promotionnel dans le cadre d’une relation commerciale", stipule ainsi l'article 9bis de la loi.

Et la disparition du "gratuit" pourrait intervenir plus vite que prévu. Le texte qui est actuellement entre les mains du Conseil Constitutionnel pourrait entrer en vigueur dans le courant du mois de novembre après sa publication au journal Officiel selon Daniel Diot, le patron de l'Ilec, l'association des industriels de l'agroalimentaire cité par LSA.

L'oubli fâcheux du législateur

D'ici un mois donc le mot "gratuit" devrait disparaître de vos rayons de supermarchés. Ou presque disparaître. Car d'une part, la loi "alimentation" ne concerne que les produits alimentaires. Ne sont donc pas concernés les produits textiles, bazar ou autres cosmétiques qui pourront toujours avoir droit à leur offre "un acheté, un gratuit".

Mais surtout les industriels de l'agroalimentaire qui sont en train de mettre leurs packagings de produits en conformité avec la loi pourraient très bien trouver des synonymes. La loi ne parle en effet que du "terme "gratuit"" mais n'indique pas que les termes équivalents sont aussi prohibés. Comme les termes "offert" ou "gratis" de plus en plus utilisés dans la grande distribution. Un oubli fâcheux qui permettrait donc de contourner aisément cette disposition.

Le but du législateur avec cette loi est d'empêcher les magasins de faire pression sur les agriculteurs pour obtenir des tarifs trop bas. Et il s'attaque donc aux promotions jugées excessives. Le raisonnement étant: si on interdit aux magasins de faire des promos agressives, ils pourront acheter plus chers aux agriculteurs. Une logique par ailleurs dénoncée par Michel-Edouard Leclerc.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco