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Obsédé par l'idée d'être malade: ce que révèle l'hypocondrie

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- - Flickr/CC/Pranjal Mahna

Si le moindre rhume vous fait craindre une maladie grave peut-être souffrez vous d'hypocondrie ou la peur obsessionnelle de tomber malade. Le professeur de psychiatrie, Michel Lejoyeux, invité de Lahaie, l'Amour et Vous, nous donne quelques clés pour mieux comprendre cette pathologie.

C'est un sujet de plus en plus important à l'époque du principe de précaution, à l'époque où l'on nous annonce une maladie tous les jours, où il faut se prémunir de tout.

Si on revient à une conception qui était celle de Freud: Freud disait l'hypocondrie est une névrose actuelle et si les gens sont hypocondriaques c'est parce qu'ils fixent leur libido sur leurs organes parce qu'ils ne se servent pas assez de leurs organes sexuels pour exprimer leur libido. Pour Freud, l'hypocondrie, c'est la libido qui tombe sur les organes. Ça veut dire que l'on s'excite sur une maladie.

Un plaisir inconscient à consulter sans cesse

Cela veut dire que l'on a un plaisir inconscient à consulter sans cesse. Je me souviens d'une patiente qui avait peur d'être contaminée par le VIH, elle se faisait faire des sérologies régulières et se demandait si au moment où on lui faisait la piqûre pour prélever son sang, elle n'était pas en train de se faire contaminer.

Il faut apprendre à l'hypocondriaque à réinvestir son corps sur un mode affectueux et sexuel, plus que sur un mode médical.

Tout est affaire de croyance: quel sens donne-t-on aux petits symptômes? On a tous de petits symptômes et on peut leur donner une signification catastrophique ou non.

Il y a un petit "truc" avec lequel on joue en consultation: c'est le jeu du pire. Celui qui vous dit "j'ai toussé, ça doit être grave", on essaie de le faire aller au bout de ce raisonnement absurde pour que le patient s'en rende compte par lui-même.