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Masques en tissu: comment s'assurer qu'ils sont efficaces

Certains masques en tissu ne seraient pas assez efficaces contre les nouveaux variants du coronavirus.

Certains masques en tissu ne seraient pas assez efficaces contre les nouveaux variants du coronavirus. - DENIS CHARLET © 2019 AFP

Certains masques en tissu ne seraient pas assez efficaces contre les nouveaux variants du coronavirus. Petit guide pour faire le tri dans ses masques.

Il faudra (peut-être) vous séparer d'une partie de vos masques en tissu. Le Haut conseil de la santé publique (HCSP), craignant l'arrivée sur le sol français des nouveaux variants supposément plus contagieux du coronavirus, recommande désormais d'éviter certains masques en tissu moins filtrants. Dans le tas de masques lavables que l'on a souvent accumulé chez soi depuis le mois de mars, on peut avoir du mal à s'y retrouver.

  • J'ai des masques en tissu chez moi. Puis-je encore les utiliser ?

Tout dépend de la catégorie à laquelle ils appartiennent. L'AFNOR a été chargée au printemps d'éditer des règles pour la fabrication industrielle des masques 'grand public' – c'est-à-dire utilisables par tous dans la vie quotidienne ou professionnelle. Le masque de catégorie 1 filtre au moins 90% des particules de 3 micromètres, tandis que celui de catégorie 2 n'en retient que 70%. C'est ce dernier qui est désormais déconseillé. Le masque de catégorie 1, lui, reste efficace contre les nouveaux variants.

Néanmoins, même s'il appartient à la catégorie 1, un masque que vous aurez acheté ou qui vous a été fourni lors de la première vague de la pandémie, au printemps, a sûrement fait son temps. Son efficacité est amoindrie, voire nulle, au bout d'un certain nombre de lavages. "S'il a été un peu trop lavé, c'est peut-être le moment de le jeter. Par prudence, il vaut mieux le mettre de côté et le remplacer par un nouveau masque", estime l'AFNOR.

  • Comment reconnaître un masque en tissu efficace contre le virus ?

Lorsque vous recevez un masque réutilisable, son efficacité en termes de filtration et de respirabilité doit être indiquée sur l'emballage du produit ou sur une notice à l'intérieur. Pour les annonces en ligne, la catégorie est indiquée dans la fiche du produit. Si vous n'avez pas conservé l'emballage ou la notice, ou que vous ne vous en souvenez plus, vous pouvez toujours vous renseigner auprès du vendeur ou du fabricant: Bercy a mis en ligne la liste des entreprises qui fabriquent des masques 'grand public'.

La catégorie est indiquée dans la description du produit.
La catégorie est indiquée dans la description du produit. © Le Coq Sportif

Un logo "filtration garantie - testé X lavages" en forme de cocarde tricolore permet de reconnaître les masques 'grand public'. On le retrouve généralement sur l'emballage ou le produit lui-même. Mais attention, cela ne veut pas dire qu'il appartient à la catégorie 1: cela indique uniquement que le masque peut être lavé et réutilisé un certain nombre de fois. Par ailleurs, une période de tolérance avait été appliqué au mois de mai, et il peut manquer sur certains produits fabriqués à ce moment-là.

Le logo indiquant le nombre de lavages possibles.
Le logo indiquant le nombre de lavages possibles. © Ministère de l'Economie

Dans les faits, la plupart des masques réutilisables fabriqués par des entreprises et vendus aux particuliers appartiennent à la catégorie 1. "La quasi-totalité des masques industriels 'grand public' ont des capacités filtrantes supérieures à 90%", confirmait ce mardi matin le ministre de la Santé, Olivier Véran, au micro de France Inter. Mais, en l'absence d'indication, il n'y aucune garantie absolue.

  • Que deviennent les masques 'faits maison' ?

Au printemps, beaucoup de Français ont eu recours au "fait maison" en fabricant leurs propres masques lavables. L'AFNOR avait publié, sur son site web, des recommandations à suivre pour s'assurer de l'efficacité de ces masques. Mais, face aux nouveaux variants plus contagieux du coronavirus, les masques "faits maison" sont désormais déconseillés par le HCSP, qui estime qu'il ne faut plus les utiliser.

Les recommandations pour les masques "faits maison" publiées au printemps par l'AFNOR.
Les recommandations pour les masques "faits maison" publiées au printemps par l'AFNOR. © AFNOR

Il n'est en effet pas possible de mesurer la filtration ou la respirabilité, ni même le nombre maximum de lavages, d'un masque "fait maison". Contrairement à celui fabriqué par un industriel, qui est testé en laboratoire avant d'être mis sur le marché. "Il faut se remettre dans le contexte du mois de mars avec la pénurie de masques: l'artisanal était la seule solution. Aujourd'hui, l'offre est pléthorique. Il vaut mieux se tourner vers des masques qui offrent toutes les garanties nécessaires", précise l'AFNOR.

Jérémy Bruno