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Les agriculteurs réclament une loi pour empêcher les distributeurs de "tricher" sur les prix

VIDÉO - À la veille de la clôture des États généraux de l'alimentation, la présidente de la FNSEA a réclamé une loi pour fixer les prix, car selon elle, les distributeurs "trichent".

Une loi sur les prix alimentaires va être proposée en début d'année afin de corriger les excès de la grande distribution, qui "triche" dans ses relations commerciales avec industriels et producteurs agroalimentaires, a affirmé mercredi la présidente de la FNSEA.

"La loi est quasi prête", a déclaré Christiane Lambert sur BFMTV et RMC. Elle devrait être proposée "début janvier". "Nous avons eu connaissance des premiers articles", a-t-elle ajouté en se déclarant favorable à l'utilisation des "ordonnances" pour gagner du temps, comme l'a annoncé Emmanuel Macron le 11 octobre à Rungis.

Le ministère de l'Agriculture a confirmé que le texte de loi était bien "en préparation". "Il y a une grosse bataille en cours", a indiqué une source proche du dossier, "tous les scénarios sont testés". La date de présentation de la loi est relativisée par la même source, lui paraissant "trop rapide", notamment pour un recours aux ordonnances qui nécessite une loi d'habilitation.

Les négociations se passent mal

Selon Christiane Lambert, les négociations commerciales annuelles entre distributeurs et industriels de l'agroalimentaire, débutées depuis novembre sous l'auspice des États généraux de l'alimentation, "se passent mal", car les enseignes de distribution "trichent".

"Des baisses de prix comprises entre -2 et -10% sont imposées aux industriels qui ont transformé nos produits", et se répercutent donc sur les agriculteurs-producteurs, a expliqué la présidente de la FNSEA. La "charte d'engagement" visant à mieux répartir volontairement la valeur entre les différents acteurs de la filière et signée par les distributeurs dans le cadre des États généraux n'est "pas du tout respectée", a-t-elle estimé.

Selon le Figaro de mercredi, le texte de loi en préparation prévoirait un relèvement de 10% du seuil de revente à perte (SRP) sur tous les produits alimentaires. Il envisagerait aussi un encadrement des promotions qui seraient limitées "à 34% du prix de vente et à 25% des volumes", selon le quotidien. Ces mesures, craintes par la distribution et certaines associations de consommateurs qui redoutent des hausses générales de prix, pourraient être expérimentées pendant deux ans, selon le Figaro.

Les arbitrages sur les pourcentages et les seuils "ne sont pas rendus", a-t-on précisé au ministère. Promesse de campagne d'Emmanuel Macron aux agriculteurs en pleine crise, les États généraux de l'alimentation ont été lancés en juillet. Leur clôture jeudi par le Premier ministre Édouard Philippe est censée permettre l'annonce du texte de loi, ainsi que d'autres mesures environnementales ou de santé liées à la production alimentaire.

N.G. avec AFP