BFM Business

Le temps des cerises qui coûtent cher est-il revenu?

Ce que craignent le plus les professionnels, ce sont les suzukii, des mouches asiatiques arrivées en France au début des années 2010.

Ce que craignent le plus les professionnels, ce sont les suzukii, des mouches asiatiques arrivées en France au début des années 2010. - Raymond Roig - AFP

En France, la saison des cerises arrive en mai et démarre avec celles de Céret. Le prix au kilo a débuté à 20 euros, mais baisse déjà avec les volumes qui augmentent. Malgré cela, les producteurs font face à la météo, aux mouches Suzukii et à la concurrence étrangère.

Le temps des cerises est d'abord arrivé à l’Élysée. Ce lundi 14 mai, Emmanuel Macron a reçu l’une des premières cagettes de burlats de Céret, une commune des Pyrénées-Orientales, apportée par une productrice, Christelle Saqué, le maire du village, Alain Torrent, et l’un de ses adjoints. Ce présent est une tradition qui perdure depuis 1932.

Ce cadeau présidentiel a de la valeur. En début de saison, il faut débourser une vingtaine d'euros pour s'offrir un kilo de ces burlat. La "Céret" devient-elle un produit de luxe? "C’est la question que l’on nous pose chaque année, mais pas du tout", réagit Étienne Arnaudies, responsable de la coopérative de Céret. "La production démarre toujours tout doucement, ce qui explique ce tarif, mais déjà, les prix ont baissé avec les volumes qui augmentent. Dans quelques semaines, avec l’arrivée des autres variétés, le kilo sera d’environ 5 euros".

Suzukii, ces mouches asiatiques qui dévastent les récoltent

En effet, lors de la première semaine de la saison, la production quotidienne n’a été que d’une tonne. Mais, au fur et à mesure, elle passe à 10 tonnes par jour et continuera de progresser. Si tout va bien, car des vents violents ou des fortes pluies pourraient marquer les fruits ou les faire éclater et faire baisser la récolte.

Mais ce que craignent le plus les professionnels, ce sont les insectes. Et pas n’importe lesquels. Les plus redoutables, les Drosophila suzukii, sont arrivés en 2014. Il s’agit de mouches japonaises qui pondent dans les fruits rouges (cerises, framboises, fraises, raisins, tomates...) en cours de maturation. Cette année, en plus de la floraison qui a été perturbée par une forte vague de froid, ces nuisibles ont fait chuté de 40% le volume de la récolte des 80 producteurs cérétans.

"Les suzukii arrivent par nuée et on ne peut rien faire", regrette le patron de la coopérative. "Même si on pouvait en utiliser, il n’existe pas de pesticides capable de les anéantir". Pour se protéger, la pose de filets sur les cerisiers reste la seule méthode, ce qui impose un travail supplémentaire qui se répercute sur les prix.

Un label "cerise de Céret"

Car même à 5 euros, le prix de ces cerises françaises reste supérieur à celle importées d’autres pays d’Europe. "Nos principaux concurrents sont en Espagne ou le coût de la main-d’œuvre est très inférieur à la France", signale Étienne Arnaudies qui rappelle que la récolte des cerises, comme celle des fraises, est manuelle ainsi que la mise en barquette. "Seul le calibrage est fait par des machines". Le coût de la main d'œuvre représente 80% du coût moyen de production

Ces fruits qui servent aux enfants à faire des pendants d’oreilles nécessitent de longues heures de travail pour arriver chez les commerçants. La récolte d’un hectare nécessite 1200 heures de travail. Il faut ensuite les calibrer et les conditionner rapidement pour les expédier dans la journée. Mais, malgré tout, la cerise de Céret reste l’une des plus prisées des Français.

Les récoltants ont d’ailleurs, entamé une démarche pour déposer un label afin de les distinguer. En attendant, 10 producteurs se sont regroupés pour créer une marque, Primelice. Celle-là même qui a été livrée à l'Élysée et qui nous rappelle dès le début du mois de mai que le temps de cerises est enfin revenu.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco