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Le café haut de gamme s'impose dans les entreprises

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Si la pause café reste un incontournable de la vie des entreprises, les attentes des salariés évoluent, obligeant les entreprises du secteur à adapter leurs machines. Focus sur ce secteur qui représente 2,8 milliards d'euros, à l'occasion du salon de la distribution automatique cette semaine à Paris.

La pause café, un moment incontournable de la vie professionnelle, synonyme de détente et d'échanges. Quand la machine est en panne, c'est pratiquement une affaire d'Etat. « Les salariés ne supportent pas que la machine ne fonctionne pas » explique Pierre Albrieux, Délégué Général de la Navsa (Chambre Syndicale Nationale de Vente et Services Automatiques). « Ce qui nous oblige à une maintenance rigoureuse. On a calqué notre système de maintenance sur celui des secours à la personne ». C'est dire l'importance de la boisson. 

Et pourtant, le secteur est confronté à une baisse de la demande. Il y a quelques années, c'était l'interdiction de fumer dans les locaux qui avait impacté l'activité. Aujourd'hui, la principale raison est générationnelle. Les jeunes boivent moins d'expresso. C'est la génération dite « Starbucks ». Ils préfèrent les boissons gourmandes comme les cappuccino, les moka, les latte ou le café à la vanille. Des saveurs qui font peu à peu leur apparition dans les distributeurs automatiques. L'autre raison, c'est le développement du télétravail. « On sent un net impact depuis début 2018 de l'ordre de 5 à 10% selon les sites », selon Pierre Albrieux. Car qui dit télétravail, dit aussi café à la maison.

La fin du café lyophilisé

Du coup, les professionnels s'adaptent. C'est plus ou moins la fin du café lyophilisé, pas assez haut de gamme, remplacé par le café en grains ou les capsules. Les salariés ont tous chez eux une machine Nespresso, explique la fédération du secteur. Ils attendent la même qualité au boulot, c'est devenu le nouveau standard. Le thé prend également une place de plus en plus importante car fortement demandé par la clientèle féminine. Un renouvellement du parc qui coûte cher. Comptez 4000 euros la machine, 8000 euros pour celle avec écran tactile. Un investissement nécessaire assure les professionnels pour renouer avec la croissance.

Le marché de la distribution automatique représente près de 2,8 milliards d'euros, dont deux milliards rien que pour le café. Un marché atone selon la chambre syndicale, qui ne sait plus comment répercuter l'inflation sur ses prix. « Les machines n'acceptent pas les petites pièces de 1 ou 2 centimes. Quand on passe une augmentation, c'est tout de suite 5 centimes de plus, ce que les salariés n'acceptent pas toujours ». Les distributeurs ont trouvé la parade : le système des cartes prépayées ou du paiement sans contact, moins contraignant que la monnaie. Ils tentent surtout de convaincre les entreprises de passer au café gratuit à volonté pour leurs employés. La consommation est alors multipliée par trois dans ce cas là et la machine devient aussitôt beaucoup plus rentable.