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La "surf valley" française veut se remettre dans la vague

Ce week-end a lieu le Quicksilver Pro d'Hossegor, 8eme étape des championnats du monde de surf. Une belle vitrine pour la filière.

Ce week-end a lieu le Quicksilver Pro d'Hossegor, 8eme étape des championnats du monde de surf. Une belle vitrine pour la filière. - -

Alors que les championnats du monde de surf se déroulent jusqu’à 6 octobre à Hossegor, l’industrie française continue sa restructuration. La filière, qui représente 3.500 emplois en France, est en récession depuis 2008.

Après des années de croissance à deux chiffres, la bulle a fini par éclater. Plombée par une chute des ventes des produits textiles, l’industrie du surf est en pleine restructuration. Une crise qui se ressent particulièrement en France, cœur et moteur de cette industrie en Europe.

La filière représente 3.500 emplois dans l'Hexagone, dont 90% en Aquitaine. Sur un axe qui va de Bordeaux à Hendaye, on recense plus de 400 entreprises petites ou grandes ainsi que les sièges sociaux européens des géants du marché, les australiens Quicksilver, Rip Curl, Billabong, et le français Oxbow, installés dans cette "surf valley".

Mais en 2008, la branche surfwear –le textile- s’est écroulée. Les produits textiles représentants plus de la moitié des revenus des marques de surf, celles-ci ont entamé un rapide déclin. Rip Curl a vu son chiffre d’affaires en Europe passer de 110 à 70 millions d'euros en 2012. L’entreprise a dû supprimer 25% de ses emplois dans la Sud-Ouest (48 postes). Idem pour Quicksilver et le français Oxbow, qui ont chacun présenté un plan social cette année.

Surproduction et concurrence

Les rêves de grandeurs de plusieurs marques ont précipité leur déclin. "Certaines sont entrées en Bourse. On s’est lancé dans une course aux revenus et on a surproduit pendant des années. Il faut en finir avec la chasse au chiffre d’affaires", explique Frédéric Basse, directeur d’Eurosima, une association qui regroupe les 68 marques les plus importantes de la filière.

La crise économique frappant de plein fouet les principaux marchés européens du surf, le Portugal, l'Espagne, l'Angleterre, et la concurrence venue récemment des grands groupes de prêts à porter (H&M, Zara, Abercrombie) ont continué à faire boire la tasse aux marques traditionnelles du surfwear.

"Ces groupes se sont appropriés les codes du surf. Leurs économies d’échelles leur permettent de proposer des prix bien plus compétitifs sur les entrées de gamme", ajoute Frédéric Basse, qui fut longtemps directeur général de Rip Curl Europe.

40 % des planches "made in France"

Cours des actions QuickSilver au Nasdaq depuis 2000. Après des années de croissance, la marque australienne peine à rassurer les investisseurs.
Cours des actions QuickSilver au Nasdaq depuis 2000. Après des années de croissance, la marque australienne peine à rassurer les investisseurs. © -

Parmi les poids-lourds du marché, le fabricant de stylos et de briquets Bic a bien résisté à la crise. Son activité de vente de paddle et de planches de surf pour débutants est restée stable. Car l’activité "technique", c’est-à-dire la vente d’équipements et de matériel, n’a jamais vraiment reculé. Pour Fred Basse, "c’est une crise du textile, pas un crise du surf. On n’a jamais eu autant de pratiquants, les écoles de surf sont remplies l’été".

Et l’activité génère de l’emploi en France. Environ 40% des planches moyennes et haut de gamme vendues en Europe sont produites sur la côte Aquitaine, souvent de façon artisanale. Quant aux planches "low cost", fabriquées par Bic, l’essentiel de leur production provient des usines du groupe à Vannes.

Mais la branche "technique" ne représentant que 25% du marché en Europe, les entreprises poursuivent donc leur restructuration pour survivre. Une restructuration qui commence à porter ses fruits. Si le textile continue de souffrir, les ventes de certains produits comme les t-shirts ou les maillots de bains pour femmes ont grimpé en flèche cette année.

T.S-C