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“Je suis hermaphrodite”

Hermaphrodite endormi, Musée du Louvre (photo d'illustration).

Hermaphrodite endormi, Musée du Louvre (photo d'illustration). - Flickr - Dennis Jarvis - CC

Claudette, hermaphrodite de naissance, a livré son témoignage sur RMC. Elle explique se sentir “autre” par rapport au sexe masculin et au sexe féminin, mais elle se vit et se définit de genre féminin. Elle a pu s’épanouir grâce au soutien de ses parents.

"Je suis hermaphrodite, c’est-à-dire que j’ai les deux sexes. J’ai une poitrine naturelle et je vis une vie de femme, mais malgré tout j’ai un sexe d’homme aussi. Je suis née en 1937 au Maroc, à cette époque-là il n’y avait pas d’opération. Mes parents ont été surpris à ma naissance et ils ne savaient pas s’il fallait me déclarer homme ou femme. Mais à cette époque, comme les femmes n’avaient pas beaucoup de travail, qu’il n’y avait pas tellement de possibilité d’évoluer dans la société, ils m’ont déclaré Claude, de sexe masculin.

Mais j’ai tout de suite trouvé ma place car j’avais des parents extraordinaires qui m’ont toujours laissée grandir selon mes envies. On me disait “bonjour la petite fille”, par moment ça me plaisait, par moment ça me plaisait moins. Ma maman m’a laissée évoluer tranquillement, elle m’a habillée en fille, on m’a appelée Claudette, et je suis toujours restée Claudette.

"J'ai toujours préféré les femmes"

En étant hermaphrodite, c’est un jonglage éternel. J’ai une vie de femme, je vis en femme, je suis très connue, je suis présidente de vingt-cinq associations en Suisse, je viens de sortir un livre qui s’appelle La Trace et qui relate ma vie. Vu que mes papiers étaient ceux d’un homme, j’ai eu la possibilité de me marier, je me suis mariée avec une femme parce que mes premières amours ont toujours été lesbiennes. J’ai toujours préféré les femmes, mais j’ai connu l’amour au masculin et l’amour au féminin.

Quand j’étais petite je demandais à mes parents ‘mais qu’est-ce que je suis?’, quand je jouais avec mes camarades, je voyais bien que j’avais quelque chose en plus, je demandais à ma maman ‘mais je suis homme ou je suis femme’, et elle a eu une réponse merveilleuse qui m’est restée toute ma vie: 'tu seras ce que tu décideras quand tu seras plus grand, c’est toi qui décideras. C’est pas à nous, les parents, de décider, ni à la société, ni la religion, ni la politique ni aux docteurs de décider ce que tu seras.'"