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Ile-de-France : tout ce qu'il faut savoir sur le tarif Navigo unique

Grâce au pass Navigo à tarif unique, au 1er septembre, ceux qui traversent l'Ile-de-France économiseront, sur un abonnement annuel, entre 157 et 434 euros. La région table sur 400 millions d'euros de recettes en moins.

Petite révolution tarifaire pour les franciliens qui prennent les transports en commun : le forfait Navigo passe à tarif unique.

A partir du 1er septembre 2015, le prix devient donc le même pour tout le monde, à quelques notables exceptions près : 770 euros pour un abonnement annuel, 70 euros pour un passe mensuel, et 21,25 euros pour une carte hebdomadaire.

Les banlieusards qui font de long trajets sont les grands bénéficiaires de la réforme tarifaire. Ceux qui traversent l'Ile-de-France pour aller travailler économiseront, sur un abonnement annuel, entre 157 et 434 euros.

Ceux qui devaient s'acquitter du forfait Navigo mensuel (zone 1-5) le plus élevé, leur permettant de couvrir une grande partie de l'Ile-de-France, à 116,50 euros, ne paieront donc plus de 70 euros/mois. Idem pour ceux qui payaient jusqu'à présent 89,20 euros par mois (zone 1-3).

Plus de surcoût pour rejoindre Roissy Charles de Gaulle

Certains banlieusards ne se déplaçant que dans leur zone proche (zones 2-3, 3-4 et 4-5), sans passer par Paris, continueront de payer, mensuellement, le même tarif, légèrement inférieur, selon les zones, à 70 euros/mois. A l'année, leur forfait annuel Navigo leur coûtera, toutefois, plus cher, de 30 euros à 36 euros par an.

En revanche, les parisiens qui se déplaçaient dans Paris intra-muros ou en petite couronne (zones 1-2) paieront leur forfait annuel Navigo, 39,50 euros de plus l'an. Leur forfait mensuel reste inchangé, puisqu'il leur coûtait déjà 70 euros/mois.

En contrepartie, les parisiens et proches banlieusards bénéficient du dézonage permanent leur permettant de voyager en grande banlieue.

Ils n'auront plus à payer les dix euros de RER permettant de se rendre à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle depuis la capitale, cette ligne étant désormais accessible sans surcoût. Pour l'aéroport d'Orly en revanche, la situation ne change pas, puisque la navette Orlyval, accessible depuis la station de RER Antony, est la seule ligne exclue du tarif unique.

Une décision qui est loin de faire l'unanimité

Cette décision de la région Ile-de-France dirigée par la gauche entre en vigueur alors que démarre la campagne électorale pour les élections régionales de décembre.

Mais pour ses opposants, il s'agit d'une décision onéreuse, à l'heure où les transports publics peinent à se financer et où la rénovation des réseaux est nécessaire. A commencer par la tête de liste de Les Républicains pour les régionales en Ile-de-France, Valérie Pécresse.

Même l'Association des usagers des transports (AUT-Fnaut IDF), regrette une "fausse bonne idée". "En première approche, on peut penser qu'une association comme la nôtre devrait approuver une baisse de tarif qui va bénéficier aux usagers les plus éloignés de Paris. Mais une analyse plus poussée nous montre que ces derniers ont avant tout besoin de meilleures conditions de transport", qui nécessitent des investissements, estime l'association.

Une mesure en partie financée par les entreprises

Le Conseil régional table pour 2016 (première année pleine du Navigo dézoné) sur 400 millions d'euros de recettes en moins. "Mais on ne sait pas l'évaluer, car ça n'a jamais été fait. C'est une première mondiale", indique-t-on à la Région, estimant difficile de déterminer "le report modal", c'est-à-dire le nombre d'automobilistes qui délaisseront la voiture et prendront un abonnement pour profiter du tarif unique.

Aujourd'hui, la moitié de la mesure seulement est financée, via un accord passé avec le patronat d'Ile-de-France, prévoyant une augmentation du versement transport (payé par les entreprises), qui dégagera 210 millions d'euros annuels.

Pour les quatre mois de 2015 concernés par le passe unique, la région a promis de mettre la main à la poche pour boucler le financement. D'autres solutions seraient à l'étude pour la suite. 

Frédéric Bergé avec AFP