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Des laits "made in Vendée" dans les biberons chinois

Le chinois Biostime fait appel à des producteurs de lait en poudre européens pour garner les rayons des supermarchés.

Le chinois Biostime fait appel à des producteurs de lait en poudre européens pour garner les rayons des supermarchés. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Depuis le scandale du lait infantile en 2008, le chinois Biostime fait appel à des fournisseurs européens. En Vendée, la laiterie de Montaigu a ainsi fourni l'équivalent de 1,5 milliard de biberons en 5 ans.

Le président chinois Xi Jinping débute, ce mardi 25 mars, une visite officielle de quatre jours en France dans le cadre d'un déplacement en Europe. Cette visite d'Etat comporte de nombreux enjeux économiques. Mais si on pense surtout à Airbus et PSA, ou encore Areva, il ne faut pas écarter le secteur de la production agricole.

Plus discrètement que dans les vignobles, les Chinois jettent aussi leur dévolu sur les laiteries françaises. Depuis le scandale du lait infantile en 2008, qui a tué six nourrissons, les parents fuient les laits locaux. Le chinois Biostime, spécialiste des produits pour bébé, a donc fait le choix de sécuriser ses approvisionnements en faisant uniquement appel aux producteurs européens. En France, il a récemment investi dans la coopérative normande Isigny Sainte-Mère.

En Vendée, la Laiterie de Montaigu fait partie de ses fournisseurs de lait en poudre depuis 2008. L'entreprise a commercialisé depuis 5 ans l'équivalent de 1,5 milliard de biberons. Pour le directeur général de l'entreprise, Eric Blanchard, les Chinois sont attirés par la qualité du produit.

"La laiterie se différencie sur un savoir-faire de très haut de gamme. Ce qui caractérise aujourd'hui le marché chinois, c'est justement le haut de gamme et le manque de production local. Donc elle importera à long terme des produits étrangers", explique-t-il.

Les consommateur Chinois est prêt à payer cher

Pour l'instant, la Chine représente 40% du chiffre d'affaires de la laiterie de Montaigu, qui s'est élevé à 200 millions en 2013. Et la tendance est en effet loin de s'inverser. La laiterie va ouvrir une nouvelle usine et tripler ainsi sa capacité de production grace à un investissement de 30 millions d'euros.

Pour Montaigu, il n'y a aucune crainte de se faire voler son savoir-faire par les Chinois dans le processus de l'élaboration de lait infantile en poudre. "Le consommateur chinois est prêt à payer cher des produits de qualité qui nécessitent un savoir très difficile à acquérir et à reproduire localement. Il y aura toujours de la place pour les acteurs de très haut niveau", indique, confiant, Eric Blanchard.

La laiterie ne veut pas pour autant ne dépendre que de la Chine. Elle travaille à diversifier ses exportations, vers le Moyen-Orient, l'Asie du Sud-est et l'Amérique du sud.

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Nick Resmann et Delphine Liou avec BFMbusiness.com