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"Depuis la mort d'un de mes enfants, je ne dors plus"

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- - Flickr/CC/Thomas Hawk

Sandrine a toujours eu un sommeil difficile mais depuis la mort d'un de ses enfants il y a quelques années, elle ne dort plus beaucoup, 3 heures par nuit en moyenne. Patrick Lemoine, psychiatre et auteur de "Dormir sans médicaments… presque" lui répond dans Lahaie, l'Amour & Vous.

Sandrine: J'ai toujours eu des problèmes de sommeil depuis toute petite. Malheureusement depuis quelques années j'ai perdu un de mes enfants, depuis je ne dors plus. Je peux rester des semaines sans dormir. Je prends des médicaments mais je ne dors que 3 heures par nuit, avec des heures d'insomnie jusqu'à 5-6 heures, parfois je me rendors 1 heure et parfois je n'y arrive pas. Je suis fatiguée et la journée se passe difficilement.

La réponse de Patrick Lemoine: Il y a tout d'abord une certaine culture familiale de l'insomnie chez vous, peut-être le poids des gènes et la rencontre des deux surtout quand les choses sont aggravées par une tragédie comme celle qui vous est arrivée, le résultat est dur.

Il est possible malgré tout de vous aider. Je peux vous proposer de vous lever à heure fixe, plutôt tôt le matin, c'est la base lorsque l'on veut s'endormir. Il faut aussi faire un peu de sport dès le réveil.

La deuxième chose c'est que si vous dormez encore moins bien depuis la mort de votre enfant, on peut se demander si vous n'avez pas des séquelles post-traumatiques. Vous pouvez éventuellement vous tourner vers l'hypnose, la méditation et la relaxation.

Et il faut surtout éviter les médicaments. Il est probable que vous ne perceviez plus le sommeil si vous avez trop dormi avec des médicaments. L'anesthésie qui est amenée avec ces médicaments crée un sommeil qui s'impose à vous alors que le sommeil, on ne le sent pas venir. Quand on a été trop habitué à dormir avec la chimie on ne perçoit plus le sommeil naturel.

Il serait peut-être bon d'enregistrer votre sommeil dans un labo de sommeil pour avoir une véritable idée de ce que vous dormez réellement. Car à force de penser que l'on ne dort pas ça crée un trouble supplémentaire. Peut-être pourriez-vous aussi consulter un psychologue ou un psychothérapeute pour évacuer vos angoisses liées au sommeil.

Ensuite, je ne peux que vous donner les conseils de base. La tisane peut être un rituel du soir. Il ne faut pas imaginer que ce soit un placebo, les plantes ont une vraie efficacité qui a été prouvée.

Côté diététique, moins on mange le soir mieux c'est. Et surtout pas de charcuterie, pas de viande, pas de sauce, pas trop de fromage ou de laitage et quelques sucres lents. Plus le jeune est long entre le dîner et le petit déjeuner, mieux ça vaudra.