BFM Business
Conso

Dans les bars, le prix de la bière en hausse de 9% par rapport à 2019

Face à une hausse généralisée de leurs coûts, les exploitants n'ont d'autre choix que d'augmenter le prix d'un des produits stars des comptoirs.

C'est un peu la double peine pour les exploitants de bars et de restaurants. Non seulement, ils doivent supporter la hausse de leurs coûts de fonctionnement: énergie et salaires mais aussi des produits qu'ils vendent. Et pour sauver leurs marges, répercuter une partie de ces hausses au client final n'est plus une option malgré une reprise plus stable en 2021 et 2022 pour le secteur.

Après avoir commencé à augmenter le prix de certains plats, les exploitants doivent désormais réévaluer les boissons. Et la bière n'y échappe pas.

Un des produits stars des comptoirs a ainsi augmenté de 9% entre 2019 et 2022, selon une étude* de Privateaser.com, plateforme de réservation de bars et restaurants pour les évènements de groupes. Plus de 1000 établissements ont été interrogés.

7,05 euros en moyenne: le prix d'une pinte à Paris

Concrètement, le verre de 50 cl de bière coûte en moyenne à 5,78 euros en province et 7,05 euros à Paris.

"Pour s’en sortir, les gérants de bars et restaurants sont eux-mêmes forcés d’augmenter les prix. Quand la marge diminue, les deux seuls moyens dont dispose un gérant sont d’augmenter sa clientèle ou ses prix. Notre marge de manœuvre n’est pas extensible. Sans cette augmentation le risque de travailler à perte est trop grand " justifie David Zenouda, gérant de plusieurs établissements à Paris et Vice-Président de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) Paris/Île-de-France.

Ces augmentations de prix interviennent également à un moment où la fréquentation s'effrite, les consommateurs étant forcés de faire des arbitrages, étranglés par l'inflation généralisée.

Des consommateurs moins enclins à fréquenter les bars

"Au-delà des phénomènes habituels de baisse de fréquentation selon la saison, d’autres facteurs rentrent en jeu: la hausse des coûts de l’énergie, l’inflation… Les Français n’ont plus la même envie de consommer, ce n’est plus leur priorité. La baisse du pouvoir d’achat entraîne invariablement une baisse de la fréquentation. On le ressent fortement depuis quelques semaines" souligne David Zenouda.

"Parmi les gérants interrogés, tous nous expliquent qu’il s’agit là de leur dernier recours, et aucun ne le fait de gaîté de cœur" abonde Nicolas Furlani, PDG et co-fondateur de Privateaser. Au risque de provoquer un certain mécontentement et donc une fuite supplémentaire de clients...

Et la Coupe du monde de football en hiver ne devrait pas arranger la situation. Traditionnel moment de convivialité qui remplit les cafés, bars, pubs et restaurants, cette édition pourrait être plus favorable à la livraison à domicile qu'à la restauration à table cette année, en raison de la météo hivernale, selon un expert du secteur.

"Avec un championnat se déroulant sur les derniers mois de l'année, la météo hivernale va impacter le choix des lieux retenus par les Français pour assister aux retransmissions", anticipe NPD Group.

Ainsi "par temps froid et face à la conjoncture", avec la flambée de l'inflation, "il est probable que les spectateurs fassent le choix d'une soirée cocooning et festive à la maison, afin de pouvoir se réunir en nombre, tout en limitant les dépenses liées aux boissons", prédit le cabinet spécialisé dans la restauration, faisant "le bonheur de la restauration livrée".

*: Étude réalisée sur plus de 1000 établissements partenaires présents sur Privateaser.com en regroupant les prix de la pinte de bière indiqués par chaque lieu en France, classés par département. Le site a ainsi pu établir une moyenne globale des prix de la pinte de bière des bars référencés sur la plateforme, à Paris / Île-de-France et en province.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business